MARIANNE , ANTOINETTE
ANTOINETTE
Je l'ai vu tout- à -l'heure là-bas, sur la plage deBonnette, à l'endroit que vous m'aviez désigné, et qui était convenu entre vous... Il était là, épuisé par la fatigue, et cherchant des yeux sur la mer le brick qui peut le sauver ou le perdre.
MARIANNE
Le perdre!
ANTOINETTE
N'est-ce pas Ilurbara qui le commande?,.. J'ai peur de cet homme.
iMAKIANXE,
11 a toujours fidèlement servi le roi... Pourquoi aurait-il écrit à Murât qu'il l'emmènerait loin de la Provence, où il est menacé?... Vousvous trompez, Antoinette.
ANTOINETTE
Dieu le veuille !
MARIANNE
Viendra-t-il ?
Il va venir. 11 a fallu attendre que la nuit fût plus avancée, car on le cherche avec fureur, car on pourrait... non, on ne pourrait pas reconnaître le roi sous les vêtemens qui le couvrent. Ah ! qui nous aurait dit, il y a si peu de temps, que nous le verrions si malheureux?... C'est maintenant qu'il connaîtra tout notre dévouement, n'est-ce pas, Marianne?
MARIANNE
Oh ! oui ; lorsque nous avons quitté Naples, nous savions bien que nous trouverions l'occasion de lui prouver notre attachement. Pauvre Murât! qu'il lui reste au moins quelques amis!.... Qu'il ne trouve pas partout l'ingratitude, lui qui a été si bon dans la prospérité!
MARIETTE, qui a regardé par la porte.
Vous m'avez appelée, dame Marianne?
MARIANNE
Non, ma fille.
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