SCÈNE III
SAINT-GERMAIN, seul.
Fort bien ; voilà tous mes courtisans en déroute... Comme ces messieurs ont toujours quelque chose à cacher, un devin est leur plus grand épouvantail ; aussi bien j'avais besoin d'être seul... j'attends ici mademoiselle de Romans. «Je viendrai vous trouver, » m'at-elle dit avec ingénuité. Pauvre jeune fille ! si elle savait!.., et c'est moi , moi qui dans ma vie agitée suis resté pur de toute action coupable!... Eh bien ! quoi! ne vais-je pas m'arréter à de vains scrupules? Homme politique, appelé à jouer un rôle dont le dernier mot doit ébranler la vieille Europe, hésiterai-je à mon début comme un écolier de diplomatie? Saint Germain, souviens-toi de ton père; tu as juré sur son bûcher de le venger par tous les moyens que le sort t'offrirait; et maintenant, prêta frapper tes ennemis avec leurs propres armes, à délivrer la France d'un joug qui l'avilit et
l'opprime, tu reculerais devant la simpUeité d'un enfant ! Non... je liondrai mon serment ; l'œuvre commencée s'achèvera... leur jierte ou la mienne... Voici Lebel... plus d'hésitation.
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