SCÈNE IV
M. DESPARVILLE père, M. VANDERK père.
M. DESPARVILLE PERE.
Monsieur, monsieur, je suis fâché de vous déranger. Je sais tout ce qui vous arrive. Vous mariez votre fille. Vous êtes à l'instant en compagnie : mais un mot, un seul mot.
M. VANDERK PERE.
Et moi, monsieur, je suis fâché de ne vous avoir pas donné une heure plus prompte. On vous a peut-être fait attendre. J'avais dit à quatre heures, et il est trois heures seize minutes. Monsieur, asseyez-vous.
M. DESPARVILLE PERE.
Non, parlons debout, j'aurai bientôt dit. Monsieur, je crois que le diable est après moi. J'ai depuis quelques jours besoin d'argent, et encore plus depuis hier, pour la circonstance la plus pressante, et que je ne peux pas dire. J'ai une lettre de change, bonne, excellente : c'est, comme disent vos marchands, c'est de l'or en barre; mais elle sera payée quand ? quand ? je n'en sais rien : ils ont des usages , des usances, des termes que je ne comprends pas. J'ai été chez plusieurs de vos confrères ; mais tous ceux que j'ai vus jusqu'à présent sont des arabes, des juifs; pardonnez-moi le terme, OUI, des juifs. Ils m'ont demandé des remises considérables , parcequ'ils voient que j'en ai besoin. D'autres m'ont refusé tout net. Mais que je ne vous retarde point. Pouvez-vous m'avancer le paiement de ma lettre de change, ou ne le pouvez-vous pas?
M. VANDERK PERE.
Puis-je la voir?
M. DESPARVILLE PERE.
La voilà... ( Pendant que monsieur Vanderk lit.) Je paierai tout ce qu'il faudra. Je sais qu'il y a des droits. Faut-il le quart? faut-il... J'ai besoin d'argent.