ACTE ï, SCENE VIII
vCï de quoi il s'agit apparemment. Comment me trouvez-vous ?
MARIO
Ma foi, ma sœur, c'est autant de pris que le valet; mais tu pourrais bien aussi escamoter Dorante à ta maîtresse.
SILVIA
Franchement, je ne haïrais pas de lui plaïre sous le personnage que je joue ; je ne serais pas fâchée de subjuguer sa raison, de l'étourdir un peu sur la distance qu'il y aura de lui à moi. Si mes charmes font ce coup-là, ils me feront plaisir , je les estimerai. D'ailleurs, cela m'aiderait à démêler Dorante. A l'égard de son valet, je ne crains pas ses soupirs; ils n'oseront m'aborder : il y aura quelque chose dans ma physionomie qui inspirera plus de respect que d'amour à ce faquin-là.
MARIO
Allons doucement, ma sœur; ce faquin-là sera votre égal.
ORGON
Et ne manquera pas de t'aimer.
Eh bien ! l'honneur de lui plaire ne me sera pas inutile; les valets sont naturellement indiscrets; l'amour est babillard, et j'en ferai l'historien de son maître.
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