SCÈNE VII
MARIO, SILVIA, ORGON
ORGON
C'est sansdoute le valet de Dorante : son maître peut être resté au bureau pour ses affaires. Où est Lisette?
SILVIA
Lisette s'habille, et, dans son miroir, nous trouve très imprudens de lui livrer Dorante : elle aura bientôt fait.
ORGON
Doucement, on vient.
oooooooooooooooooQooooooeooooooooaooooooooooooeoooo
MARIO, SILVIA, ORGOxN, DORANTE, en valet.
DORANTE
Je cherche monsieur Orgon : n'est-ce pas à lui que j'ai l'honneur de faire la révérence? ORGON.
Oui, mon ami, c'est à lui-même.
DORANTE
Monsieur, vous avez sansdoute reçu de nos nouvelles ; j'appartiens à M. Doranle, qui me suit, et qui mcHvoie toujours devant, vous assurer de ses respects, en attendant qu'il vous en assure luimême.
ORGON
Tu fais ta commission de fort bonne grâce. Lisette, que dis-tu de ce garcon-là ?
SILVIA
Moi, monsieur? je dis qu'il est bien venu, et qu'il promet.
DORANTE
Vous avez bien de la bonté : je fais du mieux qu'il m'est possible.
MARIO
Il n'est pas mal tourné, au moins : ton cœur n'u qu'à se bien tenir, Lisette.
SILVIA
Mon cœur ! c'est bien des affaires.
Ne vous fâchez pas, mademoiselle; ce que dît monsieur ne men fuit point accroire.
SILVIA
Cette modestie-là me plait ; continuez de même. MARIO.
Fort bien ! Mais il me semble que ce nom de mademoiselle qu'il le donne est bien sérieux. Entre gens comme vous, le style des complimens ne doit pas être si grave ; vous seriez toujours sur le qui vive : allons, allons, traitez-vous plus commodément. Tu as nom Lisette; et toi, mon garçon, comment t'appellfs-lu?
DORANTE
Bourguignon, monsieur, pour vous servir.
SILV14.
Eh bien! Bourguignon soit.
DORANTE
Va donc pour Lisette : je n'en serai pas nioin^ votre serviteur.