SCÈNE IV
MARIO, SILVL\, DORANTE.
MARIO
Ah ! te voilà, Lisette?
SILVIA
Qu'avez-vous, monsieur? vous me paraissez ému.
MARIQ.
Ce n'est rien ; je disais un mot à Bourguignon.
SILVIA
11 est triste; est-ce que vous le querelliez?
DORANTE
Monsieur m'apprend qu'il vous aime, Lisette.
Ce n'est pas ma faute.
DORANTE
Il me défend de vous aimer.
SILVIA
Il me défend donc de vous paraître aimable?
MARIO
Je ne saurais empêcher qu'il ne t'aime, belle Lisette; mais je ne veux pas qu'il te le dise.
SILVIA
Il ne me le dit plus : il ne fait que me le répéter.
MARIO
Du moins ne le répètera-t-il pas quand je serai présent. Retirez-vous, Bourguignon.
DORANTE
J'attends qu'elle me l'ordonne.
MARIO
Encore ?
SILVIA
Il dit qu'il attend ; ayez donc patience.
DORANTE
Avez-vous de l'inclination pour monsieur ?
SILVIA
Quoi! deTarnour? Oh! je crois qu'il ne sera pas nécessaire qu'on me le défende.
j^e me trompez-vous pas?
MARIO
En vérité, je joue ici un joli personnage! Qu'il sorte donc. A qui est-ce que je parle? DORANTE.
A Bourguignon; voilà tout.