‹ Magasin théâtralChapitre 317 sur 1475 · PASQUIN, DORANTE · texte numérisé non relu

PASQUIN, DORANTE

DORANTE

Eh bien ! tu quittes la fille d'Orgon, lui as-tu dit qui tu étais?

PASQUIN

Pardi ! oui. La pauvre enfant ! j'ai trouvé son cœur plus doux qu'un agneau : il n'a pas soufflé quand je lui ai dit que je m'appelais Pasquin, et que j'avais un habit d'ordonnance. Eh bien ! mon ami,m'a-t-elledil, chacun a son nom dans la vie; chacun a son habit : le vôtre ne vous coûte rien ; cela ne laisse pas que d'être gracieux.

DORANTE

Quelle sorte d'histoire me coutes-lu là ?

Tant y a que je vais la demander en mariage.

DORANTE

Comment! elle consent à t'épouser?

PASQDIN.

La voilà bien malade.

DORANTE

Tu m'en imposes ; elle ne sait pas qui lu es.

PASOUIN.

Par là ventre-bleu ! voulez-vous gager que je l'épouse avec la casaque sur le corps, avec une souquenille, si vous me fâchez? Je veux bien que vous sachiez qu'un amour de ma façon n'est point sujet à la casse; que je n'ai point besoin de votre fripperie pour pousser ma pointe, que vous n'avez qu'à me rendre la mienne.

DORANTE

Tu es un fourbe : cela n'est point concevable ,

et je vois bien qu'il faudra que j'avertisse M. Or-

gon.

PASQUIN

Qui? notre père? Ah! le bon homme! nous l'avons dans notre manche. C'est le meilleur humain, la meilleure pâte d'homme!... Vous m'en direz des nouvelles.

DORANTE

Quel extravagant ! As-tu vu Lisette?

Lisette? non. Peut-être a-t-elle passé devant mes yeux ; mais un honnête homme ne prend pas garde à une chambrière ; je vous cède ma part de cette attention-là.

DORANTE

Va-l'en ; la lêle te tourne.

PASQUIN

Vos petites manières sont un peu aisées ; mais c'est la grande habitude qui fait cela. Adieu. Quand j'aurai épousé, nous vivrons but à but.

OOOOOOOOSOOOOOOOOOOOOOOOOOOOaOOOOOOOOOOOOO 0000000000

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