SCENE I
1 aviez beaucoup d'argent, vous auriez deux fois raison , et votre cause en serait meilleure.
LUCILE, LISETTE
LUCILE, assise à une table.
Lisette !
(Un silence.) LUCILE.
Lisette!
LISETTE
Madame ?
LISETTE . travaillant.
• LUCILE
Madame?
Je m'ennuie.
LUCILE
LISETTE
As-tu vu mon avocat?
C'est le veuvage.
LISETTE
LUCILE
Oui, madame.
Mais, je m'ennuyais autrefois.
LUCILE
LISETTE
Eh bien? ce procès finira-l-il?
C'était le mariage.
LUCILE
11 finira quand les gens d'affaires se de le prolonger.
lasseront
Que faut-il donc pour se désennuyer?
LISETTE
LUCILE
Il faut de l'amour.
Sais-tu que ces retards me gênent
^ J'ai
ap-
LUCILE
porté beaucoup d'argent; mais dansée
Paris.
Mais l'amour conduit au mariage.
LISETTE
Cela va vite, quand on plaide surtout
LISETTE, soupirant.
C'est vrai, tout finit.
LUCILE
Ce qui me console, c'est que ma
cause
est i
( Un silence. ) LVCILE.
bonne, et que je ne puis perdre mon procès.
Lisette !
LISETTE
LISETTE
Je sais bien que vous avez raison , mais si vous
Madame?
LE ROMAN D'UNE HEURE
tUCILE.
Donne-moi un livre.
LISETTE
Lequel ?
LUCILE
Le premier venu.
LISETTE
Il vous ennuiera.
LUCILE
Cest égal , j'ai pris mon parli.
(Lisette lui donne un livre.) LISETTE , en donnant le livre.
Il faut avouer que vous avez bien du malheur : vous aimez les choses singulières, originales et même bizarres ; et, dans une ville comme Paris, vous êtes condamnée à vivre de la manière la plus insipide et la plus monotone.