‹ Magasin théâtralChapitre 327 sur 1475 · LL'CILE · texte numérisé non relu

LL'CILE

Tu as bien raison. Depuis deux mois je n'ai pas souri.

LISETTE

Il faut espérer qu'à la fin. quelques originaux viendront nous amuser.

LLCILE.

J'en ai grand besoin.

LISETTE

Et moi aussi.

(Lucile se lève, et va lire en s'appuyantà la fenêtre.) LISETTE , à part.

On se met à la fenêtre... Je gage que le voisin est à la sienne...

LUCILE

Qu'est-ce que vous dites?

LISETTE

Je dis que je vais chanter.

LUCILE

Non, taisez- vous.

Depuis quelque temps madame aime bien à se mettre à la fenêtre.

LUCILE, ironiquement.

Vous faites des observations?

LISETTE

Non, je veux dire que madame a besoin de prendre l'air ; preuve d'ennui.

LUCILE

Occupez-vous de votre ouvrage.

LISETTE, à part.

De l'humeur 1 Le voisin n'y est pas. Se regarder, et ne pas se parler... Voilà pourtant deux mois que cela dure. Un bon mariage vaudrait mieux que cet amour en perspective. On dit que ce mousieur est le plus honnête homme, et le plus aimable original... Eh bien ! qu'il se présente donc; avec de l'esprit , on ne doit pas manquer de prétextes pour venir consoler des femmes qui s'ennuient.

St

Ah!

LUCILE , jetant un cri.

LISETTE

Qu'avez-vous, madame ?

LUCILE

Courez vite en bas, j'ai laissé tomber mon livre dans la rue.

Voire livre, madame?

LUCILE

Courez donc, voilà un jeune homme qui le ramasse; je crains qu'il ne le rapporte.

LISETTE

Ah! c'est un jeune homme : courons.

( Elle sort.)

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