SCÈNE X
DUBOULOY, seul, puis ROGER.
DUBOULOY. Elle a le pressentiment qu'il doit lui arriver quelque chose d'heureux!.. Elle m'a regardé en disant cela.... Si j'allais me trouver le rival d'un roi! Peste! je n'aurais rien perdu pour attendre. {Â Roger qui entre par la porte du fond. ) Ah ! te voilà ?
ROGER. Oui.
DUBOULOY. Et qu'as-lu fait de ton domino?
ROGER. Le roi vient de me le prendre en passant.
DUBOULOY. Tiens ! c'est comme à moi.
ROGER. Mais j'ai rendez- vous avec lui dans ce salon.
DUBOULOY. Eh moi, j'y attends le mien.
ROGER. Et bien! qu'en dis-tu?
DUBOULOY. De quoi, de mon domino ?
ROGER. Oui.
DUBOULOY. Mon cher, une femme adorable... r.ne graîide femme, enfin!... l'esprit le plus vif, le caractère le plus gai, la conversation la plus pétillante?... Et le tien?
ROGER. Tout le contraire; une petite femme naïve, sentimentale!... une véritable pensionnaire sortant de son couvent.
DUBOULOY. Oh ! ne me parle pas des pensionnaires qui sortent de leur couvent. Rien que d'y penser... Mademoiselle Louise Mauclair en sortait de son couvent!... Mais passons à autre c'îiose. La crois-tu johe ?
ROGER. Dam! oui auiant du moins
qu'on en peut juger sous le masque. Un bas de figure ravissant, des dents d'émail, et à travers son loup deux yeux comme deux étoiles. Et la tienne ?
DUBOULOY. Une peau éclatante, une main à rendre fou un statuaire, un col de cygne ; puis pour le visage , nous verrons bien , j'ai sa parole qu'elle ne quittera pas le bal sans se démasquer.
ROGER. Et moi aussi !
LES DEMOISELLES DE SAINT-CYR
DUBOTJLOY. Oh! c'est charmant! Toi
qui as beaucoup \n îe monde, as ta quelque idée de ce qu'elles peuvent tH; e?
ROGER. Nou , foi de gentilhomme. J'ai rappelé tous mes souvenirs de Paris, de Compiègne , de Fontainebleau , de Versailles , de iMarly, et cela ne correspond à rien de ce que \e connais.
DUROULOY. Silence, ce sont elles.
Charlotte et Louise paraissent à la porte du fond.
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