SCENE XXIÏ
ERNEST
En vérité?. . Je veux qu'elle m'en donne un tantôt.
SAIXT-LEGER.
Tu fais le brave , à présent ; mais , si elle paraissait...
ERNEST
Ne me fais pas peur ! je ne suis pas encore assez rassuré.
SAINT-LEGER
Que lui dirais-tu? Voyons.
ERNEST
Attends. ( Il tousse. ) Hum ! « Madame.... bon » Dieu ! je ne sais pas comment cela se fait ; mais , » depuis que je vous ai vue, j'éprouve une agila- » tion... un trouble... je ne pense qu'à vous : rien » ne peut me distraire de vous: vous, toujours » vous... jusque dans mes songes. »
SAINT-LEGER
Cela ne vaut rien.
ER.NEsr , vivement. Voilà pourtant ce que j'ai dit à ma petite cousine, et elîe m'a aimé tout de suite.
SAINT-LEGER
A ta petite cousine... oui... je lui auraisdit cela aussi , moi ; mais nous ne sommes pas ici en province.
ERNEST , impatienté.
Puisqu'elle vient de province...
SAINT-LEGER
Fort bien; mais... elle esta Paris; et, à Paris, vois-tu, il faut du mouvement, de la chaleur, une espèce de brusquerie passionnée dans sa déclaration. Les femmes s'attendent à cela , en arrivant de leur département. Tu es déjà passablement bien avec elle; elle t'a dit au bal : «M. Ernest, nous nous reverrons. » Elle a lu une lettre de toi.... Il faut , à la première vue , l'élancer vers elle, et lui dire : « Charmante Agathe.... » ou tout autre nom ; cela fait toujours plaisir aux dames d'être appelées de leur nom de demoiselle, o Charmante...» son nom, enfln; nous le saurons. « Un moment a suffi pour embraser mon cœur » de tous les feux de l'amour. Je vous chéris, je » vous adore... Cette grâce, ces yeux , etcœtera... » vous sont garans de ma fidélité... » Des lieux communs; mais dits avec une chaleur... là... comme si ça s'échappait du cœur malgré soi. ERNEST , s'animant.
J'ysuis, j'y suis. « Charmante Agathe!... ou tout autre nom... un moment a suffi pour embraser...» (A Sainl-Leger,qui va à l'appartement de sa femme. ) OÙ vas-tu donc , mon ami ?
SAINT-LEGER
Bien! bien ! Continue... de l'ame.
( Il frappe à la porte de M""^ de Saint-Léger. )
, ERNEST
O ciel ! tu frappes à la porte !
SAINT-LEGEK.
Oui ; te voilà dans un bon moment , il faut...
ERNEST
Non, non; je ne suis pas préparé... Je me sauve !>..
SAINT-LEGER , le retenant.
Allons , reste. Fais-moi un peu d'honneur.
OOOCOOOOOOSOSOOOOOOOOCOaOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOeO 00000