SCÈNE XXVIII
ERNEST, SAINT-LEGER, M. MOTUS, qui est
entré au moment où Liselte fermait la porte.
SAiMT-LEGER , à Ernest.
Bravo ! bravo ! comme un petit ange !
ER>'EST
Ah ! mon ami, que lu es bon ! que tu es aimable! Sans toi je n'aurais jamais osé lui baiser la main. Elle est charmante ! plus grande que ma petite cousine... C'est une conquête , ça !
SAINT-LEGER
Tu me la dois.
ERNEST, avec transport.
El je l'enlève! Un enlèvement à dix-sept ans, c'est beau, n'est-ce pas?
jkWTns, à part.
Un enlèvement !
SAINT-LEGER
Te voilà un homme : on peut te présenter partout à présent. Mais ne perdons pas une minute : il faut de la célérité, de la prudence. ( Apercevant Motus.) Ah! M. Motus!
MOTUS, s'avançant.
Fronlin a réglé mes comptes ce matin ; nous parlons dans un quart-d'heurc... Oh ! nous reviendrons, ce n'est qu'un petit voyage d'agrément. MOTUS , à part.
D'agrément!
ERNEST
Une campagne.
MOTUS , à part.
Eh bien! pour sa première . ce n'est pas mal.
SAINT-LEGER
N'y a-t-il pas, dans la seconde cour, une porte cochère qui ouvre sur une rue détournée?
MOTUS
Oui... mais. .
SAINT-LEGER
Il suffit. Faites passer ma voiture dans cette cour, et ouvrez cette porte.
ERNEST
Que tout cela soii prêt dans cinq minutes.
MOTUS
Dame! cinq minutes...
ERNEST, caressant Molus.
Allons , mon petit monsieur Molus , faites cela pour moi. Vous êtes si complaisant, si aimable !.. ( A pan.) Je ne me sens pas de joie. MOTUS , à part. Comme il est content d'enlever! Quelscandalc! Quelle honte pour le portier de l'hôtel, si...
SAINT-LEGER
Dépêchez-vous donc.
MOTUS
Je cours, monsieur, je cours... (A part.) Prenons bien nos mesures. (Il sort; Fronlin entre en même temps.)
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