‹ Magasin théâtralChapitre 381 sur 1475 · SAINT-LEGER , ERNEST, FRONTIN · texte numérisé non relu

SAINT-LEGER , ERNEST, FRONTIN

EKNEST, courant vers Frontin.

Ah ! Fronlin! Fronlin! je suis ravi, enchanté , fier comme un César... Regarde-moi un peu : tuvois un homme aimé, adoré, et qui enlève sa maîtresse.

FRONTIN

Pas possible !

SAINT-LEGER

Si; c'est moi qui ai tout conduit.

ERNEST, avec transport.

Je lui ai baisé la main, mon ami !

FUONTIN, étonné Bah!

SAINT-LEGER, s'essuyant le fronl.

Oui. Que j'ai eu de peine à l'amener là! Mais dépêchons-nous , nous parlons dans dix minutes.

ERNEST

Vite, mon porte-manteau.

FRONTIN

Vos pistolets , vous voulez dire?

ERNEST et SAINT-LEGER.

Hem?

FRONTIN, à Ernest.

M. de Cavignac vous attend là-bas.

ERNEST

Ah ! le traître ! (A Saint-Léger.) Mon ami , (« à mademoiselle Adèle que je ne puis l'enlever que dans une heure : entends-tu ">

SAIXT-LEGER.

On ne peut retarder le moment du départ; le tuteur et le prétendu sont sur ses traces

LE MARI ET L'AMANT

ERNEST

Le jardin do i hôtel est vaste et couvert, j'y entraîne Cavignac : c'est l'affaire d'une minute. Qu'est-ce qui est le plus expéditif de l'épée ou du pistolet?

SAINT-LEGER

Tout cela est impraticable... Il faut... d'abord, je ne te quitte point.

ERNEST

Non, reste: je n'ai pas besoin de toi: il ne s'agit que de se battre, tu m'es bien plus nécessaire

FltONTlN.

Le capitaine Saint-Clair vient de rentrer, on pourrait...

SA1^T-LEGER

Oui; c'est un homme prudent, sage; je puis compter sur lui comme sur moi-même...

ERNEST

]] sera mon second.

SAINT-LEGER

Conduis Cavignac au bois de Boulogne; le capitaine l'accompagnera : je me dirigerai de ce côté avec ta belle : je t'excuserai, et nous t'attendrons dans une allée écartée.

EKNEST.

Ah! mon ami, mon cher mentor, que de grâces!... Mais ce n'est peut-être pas son che- •min?

SAINT-LEGKR.

Bon ! tous les chemins mènent chez les vieilles parentes... Sois tranquille. (A Fioniiii.)Toi, Frontin, ne les perds pas de vue ; et, en descendant , donne ordre qu'on atîelle.

ERNÎIST.

Ah ! monsieur de Cavignac , vous dites du mal de ma petite col^sine , et vous m'empêchez d'enlever ma maîtresse !... Je suis furieux ! Je le tuerai plutôt deux fois qu'une ! Courons !

(Il sort ; Frontin lui a donné son chapeau et le suit.)

cooooooooooooooooooooooooooooooooocooooooooooooooooo

Page 1