SAINT-LEGER , ERNEST, FRONTIN
EKNEST, courant vers Frontin.
Ah ! Fronlin! Fronlin! je suis ravi, enchanté , fier comme un César... Regarde-moi un peu : tuvois un homme aimé, adoré, et qui enlève sa maîtresse.
FRONTIN
Pas possible !
SAINT-LEGER
Si; c'est moi qui ai tout conduit.
ERNEST, avec transport.
Je lui ai baisé la main, mon ami !
FUONTIN, étonné Bah!
SAINT-LEGER, s'essuyant le fronl.
Oui. Que j'ai eu de peine à l'amener là! Mais dépêchons-nous , nous parlons dans dix minutes.
ERNEST
Vite, mon porte-manteau.
FRONTIN
Vos pistolets , vous voulez dire?
ERNEST et SAINT-LEGER.
Hem?
FRONTIN, à Ernest.
M. de Cavignac vous attend là-bas.
ERNEST
Ah ! le traître ! (A Saint-Léger.) Mon ami , (« à mademoiselle Adèle que je ne puis l'enlever que dans une heure : entends-tu ">
SAIXT-LEGER.
On ne peut retarder le moment du départ; le tuteur et le prétendu sont sur ses traces
LE MARI ET L'AMANT
ERNEST
Le jardin do i hôtel est vaste et couvert, j'y entraîne Cavignac : c'est l'affaire d'une minute. Qu'est-ce qui est le plus expéditif de l'épée ou du pistolet?
SAINT-LEGER
Tout cela est impraticable... Il faut... d'abord, je ne te quitte point.
ERNEST
Non, reste: je n'ai pas besoin de toi: il ne s'agit que de se battre, tu m'es bien plus nécessaire
FltONTlN.
Le capitaine Saint-Clair vient de rentrer, on pourrait...
SA1^T-LEGER
Oui; c'est un homme prudent, sage; je puis compter sur lui comme sur moi-même...
ERNEST
]] sera mon second.
SAINT-LEGER
Conduis Cavignac au bois de Boulogne; le capitaine l'accompagnera : je me dirigerai de ce côté avec ta belle : je t'excuserai, et nous t'attendrons dans une allée écartée.
EKNEST.
Ah! mon ami, mon cher mentor, que de grâces!... Mais ce n'est peut-être pas son che- •min?
SAINT-LEGKR.
Bon ! tous les chemins mènent chez les vieilles parentes... Sois tranquille. (A Fioniiii.)Toi, Frontin, ne les perds pas de vue ; et, en descendant , donne ordre qu'on atîelle.
ERNÎIST.
Ah ! monsieur de Cavignac , vous dites du mal de ma petite col^sine , et vous m'empêchez d'enlever ma maîtresse !... Je suis furieux ! Je le tuerai plutôt deux fois qu'une ! Courons !
(Il sort ; Frontin lui a donné son chapeau et le suit.)
cooooooooooooooooooooooooooooooooocooooooooooooooooo