‹ Magasin théâtralChapitre 4 sur 1475 · ROGER, LOUISE · texte numérisé non relu

ROGER, LOUISE

ROGER, voyant Charlotte qui s'enfuit et

s'éJançant après elle. Charlotte! Elle me fuit!... l S' arrêtant à la porte de qa^-'-he et se retournant vers Louiae.) Pardon, mademoiscll'^ ; mais vous, son amie, vous q\m je vois toiîjours avec elle, vous pouvez m'expliquer d'où vienn^'nl cette crainte, cet eihoi ?

LOUISE. Rieu (le |)lus facile, Uionsieur.

ROGER. N'aurait-elle point reçu ma lettre?

LOUISE, montrant (n lettre. La voilà.

ROGER, avec joie. Oh ! elle l'a lue !

LOUISE. D'uu bout à l'autre.

ROGER, soupirant. Alors, c'est qu'elle ne m'aime pas.

LOUISE. Pourquoi n'aimerait-elle pas monsieur le vicomte?

ROGER. Puisqu'elle se sauve quand j'arrive!

LOUISE. Où monsieur le vicomte de Saint- Hérem a-t-il vu qu'on ne fuit que les gens que l'on déteste?

ROGER, avec enthousiasme. Que me ditesvous là?... Serait- il vrai?., quoi! la crainte

seule de laisser pénétrer des sentiments

Oh ! mademoiselle, dans ce cas, je serais le plus heureux des honunes !

LOUISE. On instant, un instant ! Je ne dis pas !out à f.iii cela.

ROGER. Que dites-vous alors ?

LOUISE. Je disque Charlotte est une jeune fille de naissance, élevée ici sous la protection spéciale de madame de Maintenon ; je dis que madame de 31aintenou lui a promis un chapitre... Vous comprenez, monsieur, un chapitre, cl qu'avant de perdre une aussi belle carrière que celle de chanoiuesse, elle voudrait savoir , ou plutôt, moi, son amie, sa directrice, son Mentor, je voudrais sa\oir ce qu'elle pourrait trouver en échange.

ROGER. Doutez- vous que mes vœux ne soient honorables, mademoiselle?...

LOUISE. Non ; mais vous êtes riche, monsieur le vicomte, vous jouissez d'une grande faveur près de monseijineur le duc d'Anjou, avec lequel vous avez été élevé comme menin. Votre famille peut avoir rêvé pour vous ur très- brillant mari igo. De sorte que si la pau vre Charlotte vous aime, je n'en sais rien CL je ne le dis (jas; si elle consent à vou voir, elle se compromet; car tout se sait monsieur, surtout à Saint-Cyr ; et une foi. compromise, elle perd la faveur de madame de 31aintenon et l'espoir même d'être chanoiuesse.

ROGER. Mais enfin, par quelles promesses puis-je la rassurer, par quels serments puisje la convaincre?

LoCiSE. Oh 1 ce sera difficile, car je dois vous prévenir qu'elle a en moi une amie des plus exigeantes.

ROGER. Et vous agissez sagement, mademoiselle... On ne saurait avoir trop de dé-

fiance ... II y a tant de mauvais sujets qui se font un jeu de tromper la candeur et la vertu! Mais moi!... Oh! ne me confondez pas avec ces pervers... mes vues sont pures... légitimes... une union sacrée... un mariage que je serai fier de proclamer devant tous... Pas loiu de suite, par exemple. .. non... desmotiis puissant.'^... des raisons de famille qu'elle ronnaîtra, lui feront aisément comprendre.. . ^!ais ce mystère... mon orgueil saura le dévoilt r bientôt.

LOUISE. Un mariage secret? monsieur le vicomte, c'est bien grave. D'ailleurs, Charlotte y consentirait, et je dois vous dire .l'avance, moi qui la connais, qu'elle n'y consentira pas... Charlotte y consentirait, qu'il faut sortir d'ici pour se marier secrètement.

ROGER. Oh ! que cela ne l'inquiète pas : j'entre ici et j'en sors comme je veux.

LOUISE, tristement. Vous êtes bien heureux, vous.

ROGER. Maintenant, mademoiselle, voyons, êtes-vous rassurée ?

LOUISE. Pas encore tout à fait. .. Mais enfin la position se dessine.

ROGER. Eli bien ! alors, je vous en prie, je vous en supplie, soyez mon interprète près d'elle, dites-lui que je l'aime, que je l'adore, que je meurs si je ne la revois pas... que je l'attends, dans une heure, ici, pour la rassurer sur toutes ses craintes, pour combattre tous ses scrupules.

LOUISE. C'est bien, monsieur, nous v serons.

ROGER. Ah ! vous aussi ?

LOUISE. Sans doute ; oh ! je ne quitte pas mon amie... ne vous avais-je pas dit que j'étais .son Mentor?

ROGER, à jyart. Oh ! le petit démon ! LOUISE, à part. Je le gêne à ce qu'il paraît.... Ah! ah!.... Charlotte pourrait bien avoir raison.

ROGER, -prenant son parti. Venez , je vous attends...

LOUISE, oh ! nous ne nous engageons à rien!... nous ferons ce que nous pourrons voilà tout ce que je promets... {/ivec une Ijrande révérence.) Monsieur le vicomte , à i'honneur de vous revoir.

ROGER, arec un. profond salut. Mademoiselle... au plus tôt possible.

V\VV/V\VVV\VWVVVVVVa\A/VVVVVVVVVVVA,VVVVVV\*VVVVVVVVV'

.'WWWWl.Vi

Page 1