SCENE IX
Les Pkécédksts , don QUKXADA.
l'HlLIlTE II.
C'est vous , don Quexada! venez, vous arrivez à propos.
DON Ql'EXADA.
Je craignais d'être en retard; (saluant dona Florinde. ) mais, en voyant madame, je comprends que, si mon élève m'iiccuse de lenteur, l(î seigneur comte doit m'attendre sans iui|)atience.
Vous savez déjà que vous êtes apjtelé ici pour un mariage '/
DON QUEXAOA.
Je l'ai su par don Juan, et je ne puis vous dire avec quelle satisfaction j'ai appris que votre excellence y donnait son consentement. PHILIPPE II.
On vous a trompé.
DON QUEXADA , à part.
Je l'avais prévu.
Deux personnes s'opposent à ix-tte union : dona Florinde...
DONA FLORINDE
Âh ! sire, par pitié !...
DOS QUEXADA. j
Votre majesté s'est fait connaître?
Seulemt'nt de madame, qui ne me trahira j>as. Je vous le répèle , deux pi-rsonnes , dona riorinde et moi.
nON QUEXADA.
Il suffirait d'une seule, pour que la chose fût impossible.
Don .Inan va rentrer, recevez • le; dites -lui (|ue madame ne veut pas le suivre à l'autel, et que sa resolution ferme, inébranlable, est de ne plus le revoir,
DONA FLORINDE
Sire, don Juan ne le croira pas.
DON QUEXADA.
En effet, j'oserai représenter humblement à votre majesté que je crains...
Qu il n'ajoute pas foi iux paroles de son second père, lui, ce modèle de l'éducation chrétienne ! car ce sontjà vos paroles.
DON QUEXADA.
Sa majesté est trop bonne de se les rappeler.
Ou vous avez trahi la confiance qu'on a placée en vous, ou vous avez pris sur lui une autorité sans bornes.
DON QUEXADA.
J'y ai mis tous mes soins.
Il a pour vos ordres un respect filial ?
DON QUEXADA.
Gela doit être.
Si cela n'était pas, vous auriez commis une bien grande faute, seigneur Quexada ; et vous savez que , moi régnant , aucune faute n'est impunie. Voyez-le donc ; parlez-lui , et qu'il sorte d'ici , pour n'y revenir jamais. Voilà votre mission, remplissez-la ; autrement, mettez ordre à vos affaires : il ne me reste plus qu'à vous plaindre!
DON QUEXADA , à part.
Que saint Jacques me soit en aide !
( Dorothée entre avec la mantille de dona Florinde. ) PHILIPPE II.
Madame, permettez - moi de vous offrir la main pour vous accompagner chez vous.
DONA FLORINDE
Ah ! sire , vous vous laisserez toucher par
mes prières.
( Ils sortent , et Dorotli^e les suit. )
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