SCÈNE H
IRÈRE ARSÈNE, une lampe à la main; PEBLO, qui feint de doiniir.
FRÈBK AKSÈNK.
Pcblo?... (Il s'approche du novice.) Ah ! le bieneureux, quel sommeil! et à une époque de oia vie tout m'a été possible excepté de dormir ainsi... allons, un peu de pitié! (Se traînant de meuble en meuble jusqu'à une table où il pose sa lampe.) Du moins il n'espionnera ni mes actions ni mes paroles. ( tin s'asseyant sur le devant de la scène.) Que puis-je craindre de cet eidaiit'^ s'il me voit tiiiit que 11- jour dure, il ne me connaît pas, et aucun ili'.s moines n'oserait enfreindre ma dét'etise en lui révélant qui je suis, ou plutôt qui j'étais.
PEBLO , se soulevant sur sa natte.
Il parle, mais si bas...
FhEnE AH.SENE.
Toujours souffrir, sans avoir à qui se plaindre! je n'y tiens plu.s. (Se levant, et allant tirer IVblo par le bras.) Debout, novice! secouez votre engourdissement et ouvrez les yeux.
l'KBi.O, qui éterul les bras en bâillant.
J'aurai beau les ouvrir, père Arsène , je ne verr.ti pas le jour, car vous me faites lever avant lui.
FRÈRE ARSÈNE
La paresse , Peblo , est un grand péché
PKBLO.
Celui qui l'a inventé, ce péché-là, était sans doute im saint homme à qui sa goutte ne permettait pas de fermer l'œil.
FIIÈRE ARSÈNE.
Ou qui connaissait le prix du temps; mais vous, quand votjs ne le perdez pas, vous l'employez mal.
PEIU.O , retournant vers le balcon d'un air mutin.
J'aime mieux l'employer à dormir qu'à r^ veiller les autres.
FRÈRE ARSÈNE
Où allez-vous ?... remuant sans cesse !
Laissez-moi me recoucher, je ne remuerai plus.
FRKRF. ARSÈNE.
Répondant toujours, même avant d'entendre.
PEBLO , à part.
Est-ce injuste ? quelquefois je ne réponds pas quand j'ai entendu.
FRÈRE ARSÈNE
Curieux à l'excès !
PEBLO.
Comme s'il n'y avait que moi d»- 1 urieux dans la maison.
FRÈBE ARSÈNE.
Qu'est-ce à dire, petit moinillon révolté que vous êtes?