‹ Magasin théâtralChapitre 422 sur 1475 · ACTE 111. SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE 111. SCÈNE II

son

PHBLO, à pari.

Oh! luoiiiillon I... il croit i|u'ii me tau bien de la peine.

rnètiE ABSÈNK.

ËiR'ore un coup, de qui parleivous ? est-ce de mot?

Dieu m'en ganle, père Arsène! c'est du prieur, qui vient toujoui-s ui'adresser en douceur un la» de méchantes questions sur vous.

t-HÈr.E AllSÈNE, à part.

Ce prieur, il rend dévotement compte de

toutes mes actions ; s'il est Ja créature de Diên ,

il est encore j>lus celle du roi. (A Peblo.) Parie à

4 œur ouvert , uion entant, que te demanile-t-il ?

PtBLO , à paru

Il n'est pas curieus , lui !

KRÈHË AHi>ÈNB.

l'ih liieti ?

VEBLO.

Ce que vous faites, père Arsène , ce que vous dites et ce que vous écrivez.

KRÈKE AHSÈ^E.

11 ne peut guère en demander dava&tage ; et tu lui réponds'?... * ' ,

FEBLO.

l^ue vous faites des horloges ; que vous dites ; Quelle heure est-il? et que vous écrivez votre confession.

FIlÈBE ARSÈSE.

C'est bien, très bien même ; je suis coulent de toi , je te croyais un peu médisant...

Moi , père Arsène !

FRÈKE AHSÈ>Ë.

Et si tu l'étais , bien que tu profites des peines que je me donne pour ton éducation , il faudrait nous séparer, parceque le frère prieur pourrait prendre tes paroles au pied de la lettre. C'est un saint homme, Peblo, un bien saint homme; mais d'une dévotion vétilleuse, qui s'effarouche de tout, se cabre pour rien, fait une montagne d'un (jrain de sable , et d'une misère sans conséquence un bel et bon péché i;nortei.

PEBLO, à part.

U se gène pour médire de son supérieur.

tnÈRE AIISÈ.NK.

.i'aime presque mieux la franchise brutale du frère gardien.

PEBLO.»

Du père Pacôme, mon oncle ?

FRÈltE ARSÈ>E, à part.

Son oncle!... pauvre orphelin! les moine> n ont jamais (lue des neveux.

PEBLO.

Vous avez tort, carie prieur s'est bien radouci depuis la mort du dernier abbé. J'entends les frères se conter entre eux que , malgré s> s soixante-treize ans sonnés, il grille sous son aii

froid d'être nommé à la place vat ante. Cxmuic le chapitre se ra*<endjle aujourd'hui pour l'élection, il ne dit plus déniai de personne, afin de gagner des voix ; au lieu que mon oncle Pacôme, son bon ami , dit du mal de tout le monde, afin d'ôter des voix aux autres.

FRÈRE ARSÈ>E.

Du mal de tout le monde'?... Et de moi aussi, n'est-ce pas?

PtBLO.

Comme d'iiabitude; en sa qualué d'ancien marin vous savez qu'il ciie toujours: La tliscipline, la discipline !... et il prétend , bien à toit, mais il le prétend...

FRÈRE ARSÈnE.

Quoi donc?

PEBLO.

Que vous mettez les jeunes moine» en rébellion contre les vieux.

FRÈRE ARSÈNE

iVIoi qui ne cherche qu'à i approcher les p.u tis!

PEBLO.

Mais c'est comme un fait exprès ; vous ne les avez pas plus tôt accordés, qu'ils m- pruvent plus s entendre.

FRÈRE ARSÈNE

C'est que la fièvre de l'élection tourne ni toutes les têtes.

Jusqu'à celle du frère Tiiiiothée.

FRÈRE ARSÈNE

Un homme si modeste !

PEBLO.

Un prédicateur tout en Dieu, dont la fig;ure ressemble à un sermon sur la charité, et dont les paroles sont plus douces que les bonbons des sœurs de la Providence, qui l'ont choisi pour ('irecteur.

FRÈRB ARSÈNB , à part.

Et avec i aison.

PEBLO.

Eh bien ! il s'est glissé à pas de loup cl en pérorant tout bas, à la téti' d'une bonne vinjjtaine de suffrages parmi les jeunes moines , le frère gardien, mon oncle, en counnamle hpeu-près autant parmi les vitiix, <ju'il mène haut la main comme son ancien équipage; et tons deux ils tr.ivaillent a se souffler des vuix'; ils tirent chacun de leur côté tous \es életteiu s qui sont entre d< ux âges, et ils s'ajjacent, et ils se molestent, et ils se détestent : c'est une bénédiction.

FRÈRF. ARSÈM..

Sais-tu pour qui votera le frère 1 imothée?

PEBLO.

Peut-être bien pour le père procureur, qui a des chances, parcecpiil di/inie à dîner au vieux Jéronimo, et à cegros 1 1 -is.' >ie teliérier : ce qui lui fait deux voix.

gio

DON JUAN D AUTRICHE

FiiÈRE AltSèSE.

Il est vrai que ce sont It'S deux estuiiiacs les plus reconnaiiisatitâ de la communauté.

FEBI.O.

Mais je connais quelqu'un pour qui le frère Tiinothe'e voterait de préférence.

FRÈr.E ARSÈNE.

Qui donc?

PEBLO.

Vous.

FRÈRE AhSÈNB.

Est-ce que j'ai des prétentions?

PEBLd.

Filer il m'a pris sur ses (jenoux , et, en me donnant des cédrats confits, il m'a dit : (tous. naiit deux ou trois fois et imitant le ton du frère Timoihée. ) i( Notre vénérable père Ai-sène, cette « lumière de la communauté, que tu as le « bonheur de voir tous les jours, il jouit d'un « {jrand crédit auprès du roi; rappelle-moi « souvent à son souvenir; qu il ait la bonté « infime de m'appuyer un peu , et j'aurai l'insi- « (jne honneur de prêcher ce carême devant la " Cour, n

FRÈIIE ARSÈNE.

(]omnie si Dieu ét.iit là plutôt qu'ailleurs! ( A Peblo. ) En réclamant ma protection , il ne t'a rien dit de Cliarlcs-Quint?

VEBI o.

CJiarles-Qtiint !. . Je ne le connais pas.

FRÈRE ARSÈNE

lui souriant. ) O gloire kitmaine ! ( Tombant assis. ) Aïe ! il n'y a de réel que la douleur.

PEBLO.

Ah! vous voulez dire cet empereur que personne ne voyait, qui est mort ici tout récemment, et dont ou fera les funérailles dans trois jours.

FRÀRE ARSÈNE.

Oui , dans trois jours ; ( à part.) ils ont au moins rempli mes intentions en accréditant ce bruit qui m'épargnera bien des importunités..

PEBLO.

Lorsqu'il en parle de votre empereur , il se signerait presque; il s'incline bien bas pour dire : » Jésus, mon Sauveur !»et plus basencore quand il dit : K Feu sa majesté, l'empereur et roi!...»

FRÈRE ARSÈNE

As.sez, assez ! ton bajjil m'amusait d'abord , mais à la longue...

PEBLO.

On se lasse de tout. C'est justement là l'effet que le couvent produit sur moi.

Qu'est-ce que vous dites, Peblo? Allez dans ma cellule ; allez donner un coup d'œil à mes horloges : je ciois que le numéro quatre est en relard.

PEBLO.

J'y vais, père Arsène; mais j'aurai beau pousser le* .Tiguilles, le temps n en ira pas plus vite.

FMEHE ARSENE.

Si je me lève pour courir après vous ?

PEBLO, qui soit en sautant.

il m'attraperait avec sa goutte.

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