SCÈNE VU
Don JUAN, seul.
Oh! quand une peur, qui tient du délire, vous crie aux oreilles, le moyen d'assembler deux idées!... ( 11 s'assied. ) Réfléchissons , maintenant que je suis seul: à quoi me résoudre ?... à l'attendre? et si elle ne revenait pas! j'irais la chercher jusqu'au fond de cette caverne du Saint-Office... mais je mourrais mille fois avant de m'en otivrir l'entrée ! N'est-ce pas le comble du malheur que de n'avoir pas même la ressource de f.nire une folie ? (Se levant. ) Attendre est impossible, agir ne l'e.st pas moins; quel supplice que de ne pouvoir prendre un parti! Le plus mauvais de tous vaut mieux que l'indécision , et je donnerais dix années de ma vie pour m'épargner une heure de cette insupportable angoisse. (Retombant assis.) J'y succombe. Ah! Floiinde, Florinde ! vous ai-je perdue pour toujours?
Don JUAN , DOROTHÉE.
DOROTHl^F,, accourant.
La voilà , seigneur don Juan! je l'ai revue : la voilà.
DON JUAN
Je cours au-devant d'elle.
DOROTHÉE
Mais elle n'est pas seule; celui dont je vous si parlé la ramène ; voulez-vous la perdre?
DON JUAN
Plutôt cent fois me perdre moi-même!
DOl'.OTHÉE.
Gardez-vous donc de vous lîioiitrer , et laissez-vous conduire.
DON JUAN
Oii tu voudras.
DOROTHÉE, ouvrant une porte latérale.
Dans le lieu le plus retiré de la maison ; <hci moi, et pour n'en sortir qu'à propos.
DON JUAN
Elle est de retour ; je suis ici pour la défendre : ah ! je respire , et je t'obi'is.
■( H sort avec Dorothée.)
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