‹ Magasin théâtralChapitre 487 sur 1475 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Précédents, VALENTIN.

nVMVILLE.

Qu'est-ce donc, Valentin"? quel air sombre !

VAI.IÎNTIX.

Mon maître, ( A Bonnard. ) J'aurais à vous parler... Monsieur, j'ai l'honneur lîAxvii.LE. [d'étie...

C'est ce brave marin, mon ancien sei-s-iteur; Tu sens bien qu'à son âge il sert... en amateur . J'exige peu de lui, sa franchise m'amuse ;... Que vcux-iu ?

L'ECOLE DES VIEILLARDS

BONNiRD.

Fa bonté n'a pas besoin d'cxfuse ; Ma gonvernanie à moi me parle sans façon. Tous lieux ont fait leur temps : un honnête garçon, Après nn long service atteste' par ses rides, A, comme un vieux soldat, des droits aux Invalides.

DASVILLE.

Qui t'amène? voyons '

VALEN'TIN

Je vous l'avais bien dit , Qu'un jour...

De ce refrain le bourreau m'étourdit.

VALENTIN

Avant votre arrivée il s'est passé des choses...

BOSNABD.

Adieu , C'îGville.

DANVILLE

Eh ! non.

BONNAr.D.

Prends gaide, tu t'exposes...

DA^•VILLE

Que peut-il raconter? va donc, explique-toi : Achève.

VALESTtN.

Eh bien ! madame est trop jeune pour moi.

DANVILLE

Oui-dà !

VALENTIN

Contre mon gré, monsieur, ne vous déplaise, Par votre ordre en courrier j'ai précédé sa chaise. On n'apprend pas sur mer à monter à cheval. Sur une rosse éti([ue, assis tant bien que mal. Pour me rompre les os j'étais à bonne école. Madame à chaque bond riait comme une folle.

DAM'ILLE

En te vovant par terre, elle t'eût plaint beaucoup. J'en suis sur.

VALENTIN

Beau profit, si j'étais mort du coup ! Mais une fois ici, j'eus bien d'autres affaires: "Vieilli dans la marine à bord de vos corsaires , Sous ces galons d'argent cpi'on me fit endosser, Au bon ton des laquais on voulut me dresser. L'exercice est moins dur : Tiens-toi; lève la tête; Fais ceci, fais cela; maladroit! qu'il est bête! Que sais-je?... j'en maigris : c'est un métier d'enfer. Et j'aurais mieux aimé dix campagnes sur mer.

BOîilSARD.

Ce pauvre Valentin !

VALENTIS.

Et pour votre carrosse , On m'a fait un affront.

BONNARD

Comment! depuis la noce Nous n'allons plus à pied !

BANVILLE

Il rêve.

VALENTIN

Pas du tout:

Madame a pris voiture, et trouvait de son goût Pour me faire en marin tenniner ma carrière, De me loger debout sur le gaillard d'arrière.

da:<vili.e.

Le grand mal .'

vai.extin.

So pouvant vaincre ma juste horreur.

Ne m'a-t-ellf pas fait?...

daxville.

Eh! quoi donc?

VAl.EXTIN.

Son coureur.

liONNARD.

Son i ourcui !

VALENTIN

A <[uin:e ans j'étais des plus ingambes; Mais devenir coureur (juand an n'a plus de jambes! Ce Paris ! on s'y perd : le Havre tout entier , En se pressant un peu, tiendrait dans un quartier : Et je cours! mais je cours!... Dès que la porte s'ouvre Vite au Palais-Royal, du Marais rite au Louvre, Du premier sous les toits!... Et pasplus tard qu'hier, J'ai porté des secours...

dasville.

Hé quoi ! tu n'es pas fief De consacrer tes pas à de pareils messages ?

valentin.

Je ne suis jamais hef de monter cinq étages. Puis à peine au logis, j'ai la serviette en main; Des dîners!... on en a pour jusqu'au lendemain; Ils doivent coûter cher!

BONNARD

Ah ! diable 1 tu te piques De donner, quoirpie absent, des festins magnifiques^

danville.

Il a perdu le sens.

valentin.

Je wis ce que je dis :

Vous donnez à dîner, monsieur, tous les lundis; La veille, grands apprêts; adieu notre dimanche! Le jour que je préfère est celui qu'on retranche.

danville.

Paresseux!...

VALENTÎN , à Bonnard.

Vous save2...

BONNARD

Tu vaux toa pesant d'orj Je le sais, mais tais-toi.

valentin.

Je l'ai bien diU..

DANA'ILLE

En cor !

VALENTIN

Que, si le mariage entre par une porte,

Pa "autre, avant ma mort, il faudra que je sortr

DANVILLE

Hé bien ! va-t-en !

BONNARD, à Danville.

Tout doux !

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