‹ Magasin théâtralChapitre 498 sur 1475 · BO?«SARI · texte numérisé non relu

BO?«SARI

Ton fils. D'après sa volonté ,. !

Je n'ai dû le nommer qu'à toute extrémité. Par lui, depuis long-temps, je savais ton histoire : Ton silence avec moi n'est pas trop à ta gloire. Et j'ai voulu tantôt te donner l'einhanas De m'apprendre un hymen que je n'i{>nur;iis pas.

UANVILLE.

C'est mou fils!

BOSNARD.

Oui vraiment.

DAS VILLE

Mon tilsdans la détresse!

Et ce n'est pas à moi ([ue d'abord il s'adresse? Il va chercher un tiers !

BONNARU.

Ah! qu'est-ce que tu veux?

Il faut toujours qu'un tiers se place entre vous deux : Du moins il me l'écrit, et ce tiers-là le gène; Voilà ce qu'après soi le mariage amène. La femme et les enfants sont rarement d'accord ; A l'un des deux partis il faut qu'on donne tort ; De beaux yeux plaident bien, et le juge préfère l.e bonheur de l'époux au devoir du bon père.

DANVILLE

Mais mon fils est un fou !

BOKKARÎJ.

Pourquoi l'avoir quitté?

Instruit d'hier au soir, que n'ai-je pas tenté! J'ai pour combler le vide épuisé bien des bourses; Restent vingt mille francs, et je suis sans ressources ; Toi seul peux le sauver.

DAN VILLE

Ah! voyage maudit!

Ah! ma femme! ma femme!

BOiNKARI).

Hein?

DASVILLE.

Quoi ? je n'ai rien dit.

(Après une pauie. , Bonnard, mon cher Bonnanl !

BONNAItn.

Tu nie fais peur : abrè;;c; ^'était, je m'en souviens, ion exorde au collège, Quaî d dans un mauvais pas tu voulais m'engager.

DANVILLE

Tu «lois avoir des fonds et tu peux m'obliger.

BONNARU.

Un caissier n'en a point : quand il prête il s'expose; Le public ne sait pas de quels fonds il dispose.

BANVILLE

J'en reponds.

BONNARI».

No..

UANVILLE.

L'argent te rentrera demain.

BONNARD

Non , non.

DANVILLE

Sauve mon fils : allons, toi, son parrain, Mon bon, mon vieil ami !

BONNARD

'l'u plaides comme un ange ; Mais, quand on m'attendrit, moi, cela me dérange.

DANVILLE

Bonnard, mon cher Bonnard !

BONNARD

J'aurai tort ; c'est égal , Je prêterai l'argent... Mais je dinerai mal.

DANVILLE

Nous en souperons mieux.

BONNARD

Tiens la chose serrète,

( Il revient. ) Adieu... C'est (ju'il y va, mon cher, de ma recette.

DANVILLE

Sois sans crainte... A propos, tu m'as parlé, je crois, Du jeune duc d'Elmar.

BOSNARU.

Je l'ai vu quelquefois Très galant, beau danseur, tirant fort bien l'épée. Redoutable aux maris par plus d'une équipée...

DANVILLE

Redoutable aux mai is !

BONNARD

D'autant plus dangereux , Qu'il aime comme un fou, quand il est amoureux- Et le monde prétend qu'une femme jolie Ne peut voir sans pitié qu'on l'aime à la folie. On le plaint et ma foi... Qu'as-tu donc?

DANVILLE

Rien du tout

BONNARD

La femme qui lui plaît le rencontre par-tout. Dans les jardins publics...

DANVILLE

Ah ! oui.

BONNARD

Dans les spectacles.

DAN'VILLE

Mais les maris sont là.

BONNARD

Bon! il rit des obstacles:

Quelquefois il fait mieux, il place les maris; Il les place très bien; mais Dieu sait à quel prixl Tu m'entends.

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