‹ Magasin théâtralChapitre 524 sur 1475 · I.E DUC · texte numérisé non relu

I.E DUC

Il est nominp.

UOnTENSE.

J avais ]>erdu l'espoir; Ah! <jue je suis lieuieuse !

LE DUC

Et mon oncle, ce soir, Par le choix qu'il a fait, jaloux de vous surprendre, Se réservait chez lui l'honneur de vous l'apprendre! Il m'a remis ce soin, ne vous trouvant plus là , Et cet henreux brevet, je le tiens, le voilà.

UORTENÏE.

Que Banville en rentrant va bénir tant de zélé!... Car Banville est au bal.

LE DUC

C'est lui , je me rappelle , C'est lui que j'ai cru voir; même j'ai fait un pas... Mais vousiu'aviez tant dit que nous ne l'aurions pas.

HORTESSE.

En lisant ce papier, concevez-vous sa joie?

Et ma mère... oh ! je veux que ma mère le voie;

Oui , je cours...

LE DUC , vivement.

Arrêtez : vous allez me priver B un plaisir (|u'à mon tour j'osais me réserver; Que la nouvelle au moins par vous lui soit transmise, Quand je pourrai plus tard jouir de sa surprise.

HOIITENSE.

Ahl cest tout naturel , vous défendez vos droits; (Elle rend le brevet au Duc qui le pose sur la table.) Mais quels remercîments nous vous devons tous trois! Que mou cœur est ému! que je me plais d'avance A vous entretenir de leur reconnaissance !

LE DUC

La vôtre me suffit, la vôtre est tout pour moi. K ajoutez rien , madame, au prix (jue je reçoi : Il est déjà trop f;rand et je n'en suis pas digne. Be ce peu que j'ai fait mon zèle ardent s'indigne. Payé d'un mot de vous , puis-je désirer mieux ? Ou le plaisir que j'ai se peint mal dans mes yeux. Ou vous devez y lire à quel excès me touche Un mot reconnaissant qui sort de votre bouche.

HORTEXSE.

Si ces remercîments ont tant de prix pour vous, ftue leus de mon mari vont vous paraître doux! Combien son amitié...

LE DUC

Parlez-moi de la vôtre ; Près de ee bien si cher je n'en conçois pas d'autre; Lui seul il satisfait aux besoins de mon cœur. Puissè-je l'obtenir cette amitié de sœur ! Que n'aurais-je à gagner dans ce commerce aimable! Ardent, léger, frivole et quelquefois... coupable, Je trouverais en vous uu guide, un confident

Sage, mais sans rigueur; facile, mais prudent; Et vous n'auriez en moi qu'un disciple fidèle , Enchaîné pour la vie aux pieds de son modèle.

UORTE>SE.

C'est m'honorer beaucoup; mais ce sublime emploi,

Ce titre de mentor est bien grave pour moi,

Et ce serait, je pense, une folie extrême

Be donner des avis dont j'ai besom raoï-méme.

LE DUC

Pourquoi donc? à mon tour, dans nos doux entretiens , II me serait permis de hasarder les miens. Je ne vous vante pas ma raison trop fragile ; Mais le conseil d'un fou parfois peut être utile.

aoRTE:ssE.

Banville, comme nous, n'est pas sage à demi ; Voilà mon vrai mentor, mon guide, mon ami ; Eu est-il un meilleur:'

Page 1