‹ Magasin théâtralChapitre 525 sur 1475 · I.E DUC · texte numérisé non relu

I.E DUC

Comment , je le révère ; ?^lais... dans son indulgence un vieillard est sévère. Ses conseils sont fort bons, d'accord; mais... absolus. On est moins tolérant pour des goûts qu'on n'a plus. Au mêîne âge ons'éntend , l'unl'autreonse pardonne; Bans cet échange éj'al on reçoit ce qu'on donnç. Votre époux de sa femme est l'orgueil et l'appui; M.iis que sa jeune épouse est encor plus pour lui ! Q,!f I charme elle répand sur sa tiiste vieillesse ! I! l'adore, il l'aduiire , il peut la voir sans cesse; li lui peint ses transports, il n'a pas le tourment B' feindre une froideur que son trouble dément; Il peut sans Toffenser , lui dire : Je vous aime.

HORTE>SE, n.-ïve!V)ent.

Pourquoi m'en offenser? je le lui dis moi-même.

LE DUC

Vous!... Aussi j'admirais ce bonheur mutuel. ÎNIoi seul... étrange effet d'un souvenir cruel ! Pardomiez au désordre où la douleur me plonge ; Autrefois j'espérai... Cet espoir fut un songe : Hclas ! je me souviens , troublé par vos aveux, Qu'un bonheur aussi grand fut permis à mes vœux.

HOI^TENfE.

A vous, monsieur le Bue ?

LE DUC

Et l'on me porte envie !

Et le plaisir lui seul semble remplir ma vie 1 Boux et triste voyage où je vins me livrer A l'attrait du poison qui devait m'enivrer! Ah ! qu'un premier amour a sur nous de puissance! J'aimai... c'était la grâce unie à l'innocence : JNaïve comme vous, elle charm it sans art. Vi^tre voix est la sienne; elle avait ce rejjard ; Et sa beauté , la vôtre à mes yeux la rappelle ; Mais non, plus jeune alors, elle était bien moins

[belle.

Si sa grâce eut brillé de cet éclat vainqueur, Aurais-je pu cacher le trouble de mon cœui ? Mes traits, mes yeux, ma voix, tout juscju'à mon Eût de ma passion trahi la violence ; [silence

Mais jeune, mais tremblant, la fuyant à rejpct , Peut-être moins épris, j'ai gardé mon secret. El depuis...

ACTF !V, sr.KM-: m.

UORTESSE.

Quel motif peut vous forcer encore A renfermer l'aveu d'un amour qui l'honore?

La peur de l'offenser m'a toujours retenu.

HORTENSE

Comment?

LE DUC

Tout mon malheur ne vous est pas connu.

HORTEKSE.

Quel nom pour une épouse est plus lieau que le LEDUC. [votre?

La femme qui m'est chère est 1 épouse d'un autre!

HORTENSE

Ciel!

LE DUC , vivement.

Et juste pourtant , j'estime , j'ai servi Cet heureux possesseur du bien qui m'est ravi. Mais celle que j'aimai, je l'aime, je l'adore. Le feu qui me brûlait aujourd'hui me dévore ; Elle me voit, m'entend, j'ai bravé son courroux; Oui, je tombe à ses pieds, je vous aitne, c'est vous!

HORTESSE.

Se peut-il? vous osez... muette à ce lanrjaj^e. J'hésite, et doute encor qu'à ce point l'on m'outrafje.

LE DUC

Pardonnez; cet aveu n'eût pas du m'échapper. Mais sur vos sentiments j'eus droit de me tromper. Vous vous plaisiez aux soins que j'aimais à vous

[rendre ; Votre accueil fut si doux que j'ai pu m'y méprendre. Non , vous m'aviez compris; non, vous ne croyez pas Qu'on puisse impunément admirer tant d'a[)pas ; Vous vous faisiez un jeu de me voir misérable; Ah ! je le suis, maisvous, vous seule êtes coupable !

^ORTE^;sE Quoi! j'ai pu mériter!... levez-vous, laissez-moi, Vous remplissez mon cœur de remords et d'effroi.

LE DUC

De vos feintes bontés mon erreur fui la suite.

HORTESSE.

O juste châtiment de ma folle conduite ! Sortez!

LE DUC

Ah! pardonnez!

HORTENSE

Jamais, jamais, sortez!

LE DUC

Dites-moi...

HORTE>SE.

Je vous dis que vous m'épouvantez!

Si Danville... Ahlgrand Dieu! tous deux seuls! à

[cette heure....

De honte a son aspect voulez-vous que je meure?

LE DUC

Pardonnez, et je fuis.

HORTENSE

Mais quel bruit! je l'entends .

Il monte; c'est sa voix, fuyez.... il n'est plus temps.

Que m'ordonnez-vouÈ?

HORTENSE

Rien... je ne sais , je frissonne...

Ainsi que la raison la force m'abandonne.

LE DUC

Caluiez-vous.

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