SCÈNE V
FALIERO, ÉLÉNA, FERNANDO, BENETINDE, LIONI, ISRAËL, Sénateurs, Courtisans, etc.
LIONI, au doge.
Posséder Son Altesse est pour tous un bonheur; Mais elle sait quel prix j'attache à tant d'honneur.
FALIERO
Je ne devais pas moins à ce respect fidèle
Dont chaque jour m'apporte une preuve nouvelle.
LIONI , à la duchesse.
Madame, puissiez-vous ne pas trop regretter Le palais que pour moi vous voulez bien quitter. ÉLÉNA.
Vous ne le craignez pas.
LIONI, à Fernando.
Quelle surprise aimable !
Fernando de retour !
FERNANDO
Le sort m'est favorable, Je reviens à propos.
LIONI , lui serrant la main.
Et pour faire un heureux.
(A Benetinde , qui cause avec le doge. ) Salut au chef des Dix. Le plus cher de mes vœux Est que de ses travaux ma fête le repose. BENETINDE.
Occupé d'admirer, peut-on faire autre chose?
( Au doge , en reprenant sa conversation. ) Vous penchez pour la paix ?
FERNANDO
J'ai vu plus d'une cour, Et pourtant rien d'égal ;\ ce brillant séjour.
ÉLÉNA.
C'est un aveu flatteur après un long voyage.
LIONI
( Aux nobles Vénitiens. ) ( A Israël. ) Soyez les bienvenus ! Je reçois ton hommage. Mon brave !
ISRAËL, bas à Lioni.
Sous le duc j'ai servi vaillamment s Il peut me protéger, présentez-moi.
LIONI , le prenant par la main.
Comment !
Viens.
ÉLÉNA.
De qui ce tableau ?
LIONI, qui se retourne en pri^sontant Israël.
D'un maître de Florence, Du Giotto.
LE DOGE , à Israël.
Dès ce soir vous aurez audience.
BENETINDE , regardant le tableau tandis qu'Israël cause avec le doge.
Où se passe la scène ?
LIONI , qui se rapproche de lui.
Eh, mais! à Rimini.
La belle Francesca, dont l'amour est puni. Voit tomber sous le bras d'un époux trop sévère Le trop heureux rival que son cœur lui préfère. ÉLÉNA, à part.
Je tremble.
LIONI
Quel talent! regardez : le jaloux Menace encor son frère expirant sous ses coups.
BENETINDE.
Son frère ou son neveu ?
FERNANDO
Dieu!
LIONI, à Benetinde.
Relisez le Dante :
( A la duchesse. ) Son frère Paolo. Que la femme est touchante N'est-ce pas?
ÉLÉNA.
Oui , sublime.
(Ici les premières mesuresd'une danse vénitienne.) LIONI.
Ah ! j'entends le signal.
( Au (logé. ) Monseigneur passe-t-il dans le salon de bal?
FALIERO
Ces divertissemens ne sont plus de mon âge. LIONI , lui montrant les échecs.
On connaît votre goût : voici le jeu du sage.
FERNANDO, à Éléna.
Pour le premier quadrille acceptez-vous ma main ?
On vous a devancé.
LIONI, offrant la main â Éléna.
Je montre le chemin.
( A Israël , en montrant le doge,;) Fais ta cour.
BENETINDE, â Fernando.
Donnez-moi quelques détails sincères Sur ce qu'on dit de nous dans les cours étrangères. ;Tout le monde sort, evceplt Ic doge et Israël. )
MARliXO FALIERO. - ACTE IL
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