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à l'arsenal demander certaines choses au maître des (];al6rcs. L'amiral de l'arsenal élait présent. En entendant la demande, il répondit : Non, cela n'est pas possible... Une querelle violente s'engagea entre le gentilhomme et l'amiral, le gentilhomme le frappa du poing dans l'œil. Par malheur il portait une bague au doigt, qui blessa son adversaire. L'amiral ensanglanté courut au palais du doge pour se plaindre et demander justice. — Que voulez-vous que je fasse? répondit le duc. Rappelez-vous l'inscription qu'on a gravée sur ma chaise, et la manière dont on a puni ISlichel Sténo, et jugez par là du respect que le conseil des Quarante a pour notre personne. — Seigneur, lui répondit alors l'amiral, si vous désirez devenir prince et vous délivrer de tous ces vils gentilshommes, je me sens assez de courage pour exécuter ce projet : prêtez-moi votre secours , et dans peu de temps vous serez maître de Venise, et vous pourrez vous venger. — Comment et par quels moyens ? lui répondit le duc. — C'est ainsi que la conversation s'engagea sur ce sujet.
Le duc appela son neveu, ser Bertuccio Faliero, qui habitait avec lui dans le palais, et lui fit part du complot; ils envoyèrent aussi chercher Philippe Calendaro, marin d'une grande réputation, et Bertuccio Israéllo, homme très adroit et rusé. Après une courte délibération, ils convinrent de s'associer plusieurs personnes; les conjurés se réunirent ainsi pendant plusieurs nuits dans le palais du doge. Les personnes qui furent initiées successivement dans le secret étaient Niccolo Fagiudo, Giovanni da Corfu, Stefano Fagiano, Iriccolo dalle Beude, Niccolo Blondo, et Stefano Trevisano. On convint que seize ou dix-sept chefs stationneraient dans les différens quartiers de la ville , mais que leur troupe ne devait pas connaître leur destination ; le jour marqué ils devaient exciter çà et là quelque tumulte pour que le doge eût un prétexte de faire sonner la cloche de Saint-Marc, car cette cloche ne peut jamais sonner que par son ordre ; aussitôt les différens chefs et leur bande devaient se diriger sur Saint- Marc, par les rues qui débouchent sur la place , et, au moment où les nobles et les principaux habilans seraient arrivés pour connaître la cause de