‹ Magasin théâtralChapitre 598 sur 1475 · MARION, DIDIER · texte numérisé non relu

MARION, DIDIER

MARION, levant tout à coup les yeux. — Avec Joie. Ha!

Avec reproche .

Me laisser compter L'heure en vous attendant I

DIDIER, gravement.

J'hésitais à monter.

MARION, piquée.

Ah ! monsieur !

DIDIER , sans y prendre garde.

Tout à l'heure, au pied de ces murailles, J'ai senti de pitié s'émouvoir mes entrailles , Oui de pitié pour vous. — Moi, funeste et maudit. Avant que d'achever ce pas , je me suis dit : «Là haut, dans sa vertu, dans sa beauté première, "Veille, sans tache encore, un ange de lumière, "Un être chaste et doux, à qui sur les chemins »Les passants, à genoux, devraient joindre les mains. »Et moi, qui suis-je, hélas ! qui rampe avec la foule? «Pourquoi troubler cette eau si belle qui s'écoule? «Pourquoi cueillir ce lys ? Pourquoi d'un souffle impur «De cette àme sereine aller ternir l'azur ? «Puisqu'à ma loyauté, candide, elle se fie, «Elle que l'innocence à mes yeux sanctifie, "Ai-je droit d'accepter ce don de son amour, »Et de mêler ma brume et ma nuit à son jour?»

MAr.iox , à part.

Çà , je crois qu'il me fait de la théologie. Serait-ce un huguenot?

DIDIER

Mais la douce magie De votre voix , venant jusqu'à moi dans la nuit, M'a tiré de mon doute et pies de vous conduit.

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