‹ Magasin théâtralChapitre 621 sur 1475 · L.AFFEMAS · texte numérisé non relu

L.AFFEMAS

Vraiment !

La Chimène ? en ce cas, vous avez un amant Qui tue en duel quelqu'un...

MARION, effrayée.

Moil L.AFFEMAS, ricanant.

J'ai bonne mémoire.

Et qui .se sauve...

5URI0N, à part.

Dieu!

LAFFEMAS

Contez-nous celte histoire.

MARION, « demi tournée vers Didier. "Puisque pour t'empècher de courir au trépas.

DE LOKME. 17

"Ta vie et ton lioimeur sont de faibles appas; "Si jamais je t'aimai , cher Rodrigue, en revanche "Défends-toi maintenant pour m'otir à don Saneli''. >.Comba!s pour m'affrancliir d'une condition ..Qui me livre à l'objet de mon aversion. "Te dirai-je encor plus :• va, songe a ta défense, "Pour forcer mon devoir, pour m'imposer silence ; »Et si tu sens pour moi ton cœur encore épris, » Sors vainqueurd'uiiombatdontChimène est le prix I • Laffemas se lèse ave c {jalamerie et lui baise la main.

Marion pâle rtjjarde Didier, qui demeure immobile ,

les yeux baissés.

LAFFEMAS

Certe, il n'est pasdc voix qui mieux que vous ne fai(e>, Nous prenne au fond du cœur par des fibres secrète- ; Vous êtes adorable !

A Saveruy.

On ne peut îe nier, Le Corneille, api es tout, ne vaut pas le Garnier. Pourtant, il fait en vers meilleure contenance Depuis qu'il a Ihonncur d'être à son éminence.

A Marion .

Quel talent ! quels beaux yeux ! vous enferrer ainsi : Vous n'êtes pas, maJame, a votre place ici. Asseyez-vous donc là.

11 s'assied et lait signe à Mariou de venir s'asseoir pc de lui. Elle recule.

MARION, bas à Didier, avec angoisse.

Grand Dieu ! restons ensemble '. LAFFEMAS, souriunt.

Mais venez près de moi vous as.seoir.

Didier repousse Mariou qui vient tomber effrayée jtii le banc prés de Laffemas.

Marion, à part.

Ah ! je tremble.

LAFFEMAS, souriaut à Marion d'un air de reproche. Entin !...

A Didier.

Vous , votre nom ?

Didier fait uu pas vers Laffemas , jette sou manteau il enfonce son chapeau sur sa tète.

DIDIER, d'un ton grave.

Je suis Didier.

MARION, LAFFEMAS, SAVERNV.

Didier '.

Eiouueuu-ut et siupeur.

DIDIER, à Laffemas qui ricane avec triomphe. Vous pouvez a préseut tous les congédier ! Vous avez votre proie : elle reprend sa chaîne. Ah ! cette joie enfin vous coûte assez de peine !

MARION, courant à lui.

Didier !

DIDIER, avec %m regard glacé.

De celui-ci ne me détournez pas.

Madame !

Elle i-ecule et vieut tomber auéanlie sur le banc. A Laffemas.

Autour de moi j'ai vu tourner tes pas. Démon! j'ai dans tes yeux vu la sinistre llammc De ce rayon d'enfer qui t'illuminait l'âme ! Je pouvais fuir ton piège, inutile à moitié ; Mais tant d'efforts perdus, cela m'a fait pitié ! Prends-moi, fais-toi payer ta pauvre peitidie ! LAFFEMAS, avcc wic colèrc Concentrée et s'efforçoni

de rire.

Donc, vous ne jouez pas, monsieur, la comédie.'

DIDIER

C'est toi qui l'as jouée !

LAFFEMAS

Oh ! je la jouerais mal.

Mais j'en fais une avec monsieur le cardinal ; C'est une tragédie, — où vous aurez un rôle.

Mariou pousse un cri d'effroi. Didier se détourne avti dédain.

Ne tournez pas ain^i la tète sur l'épaule,

MARION DE LORME

>oiis irons jusqu'au bout admirer votre jeu. Allez! recomiuaudez , monsieur, votre âme à Dieu.

MARION

Ah!...

Kn ce iiionieat, le inar(|nis de Nanjjis repasse au fond du tlu'àlre, Uuijours dans sa première attitude et avec son ])elolon de liallobardiers. Au t:ri de Marioii , il s'arrête et se tourne vers les assistants, pâle, muet el ininiohile.

LAFFEMAs, (lu nuirquls de yangis.

Monsieur le iiiarc|uis, je réclame main-lbrte. lîoiine nouvelle ! mais prètez-iiini votre escorte. I.'a-sassin ilu tnartjuis Gaspard s'était enfui, i\iais nous l'avons repris.

MAKioN, se jetant aux genoux de LaJJemas. Monsieur, pitié pour lui !

HFFEMAs, avec galanterie.

Vou-> à mes pieds, madameîHé! ma plai-.e est aux vôtres. MAKioN, toujours ù ge)ioux et joignant les mains. OIj, monseigneur le juge ! ayez pitié des autres, Si vous voulez qu'un jour un juge plus jaloux, Prêt à punir aussi, prenne pitié de vous I

LAFFEMAS, sourïant.

Mais quoi ! c'est un sermon, vraiment, que vous nous Ali I madame, ré^nezauxbais, brillezauxfétes,[faites: Mais ne niius prêchez point. — Pour vous je Cerais tout. Mais cet homme a tué, c'est un meurtre... DiDiEi;, à Marion.

Debout :

Marion se relève tremblante.

A Latfemas.

Tu mens ! ce n'est qu'iui duel.

LAFFEMAS

Monsieur...

DIDIER

Tu mens, te dis-je !

LAFFEM.iS.

Pais !

A Marion .

— Le sang veut du sang. Cette rigueur m'afïlige. Jl a tue ! tué qui ? — Le marquis Gaspard De Saverny, —

Montrant M. de Nangis.

Neveu de ce digne vieillard , Jeune seigneur parfait ! c'est la plus grande perte Pour la France et le Roi!.. S'il n'était pas mort, certe. Je ne dis pas... mon cœur n'est pas de roche,.. et si..

SAVERSY, faisant ttn pas.

Celui que l'on croit iTiort n'est pas mort. — Le voici !

Etouneinent général.

Page 1