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SCÈNE IV

LES MÊMES, V'S CONSEILLER A LA GR.\>'D'-* CHAMBRE, en grand costume, geôliers, gardes.

LE GEÔLIER, annonçant.

Monsieur le conseiller du Roi.

LE CONSEILLER, saluaut tour à tour Saverny et Didier.

Messieurs, mon ministère est pénible, et la loi Est sévère...

SAVERNY

J'entends. Il n'est plus d'espérancCi Hé bien, parlez, monsieur !

LE CONSEILLER

Il déroule un parchemin et lit.

« Nous, Louis, roi de Franc

MARION

»Et de Navarre, au foud, rejetons le pourvoi '. Que lesdits condamnés ont formé près du Roi ; » Pour la foi nie, des leurs ayant l'Ame touchée , "Nous commuons leur peine à la tète tranchée. »

sAVEBiSY, avec joie.

A la bonne heure.

LE CONSEILLER, suluant clc nouveou.

Ainsi, messieurs, tenez-vous prêts ; Ce doit être aujourd'hui.

Il salue et se dispose à sortir.

DIDIER, qui csl resté dans son atlitude rêveuse, à Sa ver mj.

Je disais donc qu'après.

Après la mort, qu'on ait mis le cadavre en claie, Qu'un ait sur chaque membre élargi quelque plaie, Qu'on ait tordu les hras, qu'on ait hrisé les os, Qu'on ait souillé le corps de ruisseaux en ruisseaux, De toute cettf^ chair, morte, sanglante, impure, L'ame immortelle sort sans tache et sans blessure! LE CONSEILLER, revcuant sur ses pas, à Didier. Messieurs, occupez-vous de passer ce grand pas ; Peusez-y bien.

DIDIER, avec douceur.

Monsieur, ne m'interrompez pas.

SAVERNY , gaiement à Didier.

Plus de gibet !

DIDIER

Je sais; on a changé la fête.

Le cardinal ne va qu'avec son coupe-tête. Il faut bien l'employer ; la hache rouillerait.

SAVERNV.

Tiens! vous prenez cela froidement! l'intérêt Est grand pourtant.

Au conseiller.

Merci de la bonne nouvelle.

LE CONSEILLER

Monsieur,je la voudrais meilleure encor. — Mon zèle...

SWERNV.

Ah! pardon. A quelle heure?

LE CONSEILLER

A neuf heures, ce soir.

DIDIER

Bien, que du moins leciel, comme mon cœur, soit noir.

SAVERNÏ.

Ou sera l'échafaud ?

LE CONSEILLER, montrant de la main la cour voisine.

Ici, dans la cour même.

Monseigneur doit venir.

Le conseiller sort avec tout sou cortège. Les deux prisonniers restent seuls. Le jour commence à baisser. Ou aperi^oil seulement au fond briller la hallebarde des deu.x sentinelles qui se promènent eu silence devant la brèche.

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