SCÈNE IV
LEFRANC, DUVERNOI père.
DUVERÎSOI PÈRE.
Sur mon nom, cherLefranc, gardez mieux le silence. Mon fils doit en ces lieux ignorer ma présence: Pour juger sa conduite on me voit à Paris.
LEFRANC
D'un semblable dessein vous me voyez surpris.
DUVERNOI PÈRE.
Depuis plus de trois mois qu'en votre hôtel il lo.^e, De quoi s'occupe-t-il?
LEFRANC
Chacun fait son éloge.
Votre fils est très sage et très intéressant.
DUVERNOI PÈRE.
Vous croyez?
LEFRANC
Digne fils d'un riche commerçant, Il est doux, économe, et mène un train fort mince.
DUVERNOI PÈRE.
Oui ; mais il ne veut pas retourner en province. Et je viens le chercher. A parler sans détour, Je crains qu'en cette ville il n'ait pris de l'amour. Vous ne répondez pas ?
LEFRANC
Je suis loin de me taire Sur monsieur votre fils ; et je dis, au contraire, i Que ce jeune homme ici se comporte fort bien , j Qu'il est sage, économe, et qu'il ne me doit rien.
j DUVERNOI PÈRE.
I Qui loge en votre hôtel ?
LEFRANC
Un payeur de la guerre.
Deux barons allemands, avec leur secrétaire , Une dame et sa fille, et trois plaideurs normands.
DUVERNOI PÈRE.
Ensuite ?
LEFRANC
J'ai, de plus, quelques négociants.
Deux comtes étrangers, et trois gros commissaires. Je ne vous parle pas des autres locataires. Tristes et délaissés, et pourtant sans défaut, Ces pauvres voyageurs sont logés au plus liaut : Ce sont deux vieux savants placés au quatrième, Et trois solliciteurs malades au cinquième.
DUVERNOI PÈRE.
Une dame et sa fille, avez-vous dit, je crois, Logent dans votre hôlel?