SCÈNE IV
CATARINA, RODOLFO, d'abord sur le balcon.
CATARINA, seule.
Il y avait une chanson qu'il chantait. Il la chantait à mes pieds avec une voix si douce ! Oh ! il y a des moments où je voudrais le voir. Je donnerais mon sang pour cela ! Ce couplet surtout qu'il m'adressait.
Elle prend la guitare.
— Voici l'air, je crois.
Elle joue quelques mesures d'une musique mélancolique.
— Je voudrais me rappeler les paroles. Oh ! je vendrais mon àme pour les lui entendre chanter, à lui, encore une fois! sans le voir, de là bas, d'aussi loin qu'on voudrait. Mais sa voix ! entendre sa voix !
RODOLFO, du balcon où il est caché.
Il chante.
Mon âme à ton cœur s'est donnée.
Je n'existe qu'à ton côté ; Car luie même destinée Nous joint d'un lien enchanté; Toi riiarmonie et n)oi la lyre, Moi l'arbuste et toi le zéphyre, Moi la lèvre et toi le sourire, Moi l'amour et toi la beauté !
CATARINA, laissant tomber la guitare.
Ciel!
Ron LFO, continuant, toujours caché.
Tandis que l'heure S'en va fuyant.
Mon chant qui pleure Dans l'ombre effleure Ton front riant !
Rodolfo !
RODOLFO, paraissant et jetant son manteau sur le balcon derrière lui.
Catarina 1
11 vient tomber à ses pieds.