‹ Magasin théâtralChapitre 670 sur 1475 · ANGE · texte numérisé non relu

ANGE

mes verlueuses sont incroyables ! Est-ce que je vous parlerais comme je viens de vous parler si je n'avais pas la rage au cœur? Qu'est-ce que cela me fait, à moi, tout ce que je vous ai dit ? Qu'est-ce que cela me fait que vous soyez une grande dame et que je sois une comédienne ! Cela m'est bien égal, je suis aussi belle que vous! J'ai la haine dans le cœur, te dis- je, et je t'insulte comme je peux! Où est cet homme? Le nom de cet homme? Je veux voir cet honmie ! Oh! quand je pense qu'elle faisait semblant de dormir! Véritablement, c'est infâme !

CATARINA

Dieu ! mon Dieu ! qu'est-ce que je vais devenir? Au nom du ciel, madame! si vous saviez...

LA TISBE.

Je sais qu'il y a là une porte! Je suis sûre qu'il est là !

CATARI.NA.

C'est mon oratoire , madame. Rien autre chose. Il n'y a personne^ je vous le jure. Si vous saviez! on vous a trompée sur mon compte. Je vis retirée, isolée, cachée à tous les yeux...

LA TISBE.

Le voile!

CATARIXA.

C'est mon oratoire, je vous assure. Il n'y a là que mon prie-Dieu et mon livre d'heures...

LA TISBE.

Le masque 1

CATARINA

Je vous jure qu'il n'y a personne de caché là, madame !

LA TISBE.

La bouche qui ment !

Madame...

LA TISBE.

C'est bien cela. Mais ètes-vous folle de me parler ainsi et d'avoir l'air d'une coupable qui a peur ! Vous ne niez pas avec assez d'assurance. Allons, redressez-vous, madame, mettezvous en colère, si vous l'osez, et faites donc la femme innocente!

Elle aperçoit tout à coup le manteau qui est resté à terre près du balcon, elle y court et le ramasse.

— Ah ! tenez, cela n'est plus possible. Voici le manteau.

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