ANNA, MARIE, PAULET
ANNA
Ah! madame, on comble la mesure.
Chaque jour nous apporte une nouvelle injure.
Malgré :n ti, sous mes yeux, ils viciment de >aisir Ces H"ilrc<, CCS écrits, fruits d'un triste loisir. Ce bandeau, seul tré or, parure nuptiale! Il ne vous reste rien de la splendeur royale. Hélas I c'en est dune fait!
niARii^
Anna, console-!i>i. Ce qu'on peut me ravir ne tenait pas à moi. A de vains ornemens je renonce sans peine : Je n'ai pas reçu d'eux ma qualité de reine , Titre saint, que le ciel nous veut seul accorder! L'homme peut nous abattre, et non nons dégrauor. J'honore assez votre âge et votre caractère Pour vous plaindre, Paulel, d'un pareil ministère. Mais parmi C( s écrits, dont V(ais fait possesso'ir Un ordre que sans doute on arrache à ma siriir, Puis-je espérer du moins que d'une main fidèle On lui rende l'écrit que j'ai trace pour elle? Me ie proniellez-vous?
PADLET.
Je ferai mon devoir.
MAKIE.
Ce qu'il contient, Paulet, le voulez-vous savoir? D'Elisabeth encor j'implore une entrevue, D'elle que mes regards n'ont jamais aperçue. Ses sujets m'ont jugée au mépris de mon rang. Elle seule est d'un sexe et d'un titre et d'un sang Que puisse reconnaître, en dépit de sa haine. Une femme, une sœur, et surtout une reine.
PAl'LET.
N'ordonnez-vous plus rien?
MARIE
Quoi, vous allez sortir!
r loi, sans que de mon sort vousdaigniez m'avenii I Sans me dire un seul mot! Du monde séparée, Aucune voix humaine ici ne trouve entrée. Un mois pénible et long déjà s'est écoulé Depuis qu'en ce château, par la reine assemblé. Un tribunal terrible, envoyé pour m'entendre. Au milieu de mon trouble est venu me surprei.dre. Il m'a fallu soudain paraître devant lui, Seule, sans défenseur, sans conseil, sans appui, Abandonnée enfin à ma seule innocence.
Depuis ce jour, tout garde un sinistre silence. Parlez, à quel destin faut-il me préparer?
PACLET.
Songez à Dieu, madame.
MARIE
Il m'est doux d'espérer Que la bonté céleste à ma cause est propice ; Je n'espère pas moins de l'humaine justice.