‹ Magasin théâtralChapitre 710 sur 1475 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

SCKMC I.

MARIE, ANNA

Modérez de vos pas rempresscment extrême. Je ne vous connais plus ; revenez a vous-même. Où courez-vous, madame?

MAIIIE.

Ail! laisse-moi jouir D'un bonbeur que je crains de voir s'évanouir. Laisse mes libres pas errer à raventure. Je voudrais m'emparcr de toute la nature. Combien le jour est pur ! que le ciel est serein ! Ke som:neillé-je pas? n'est-ce qu'un songe vain? A mon cacbot obscur suis-je en effet ravie? Suis-je de mon tombeau remontée à la vie? Ah! d'un air libre et pur laisse-moi m'enivrer.

ANNA

Madame, où votre esprit se va-t-il égarer? Hélas ! la liberté ne vous est pas rendue; La prison seulement s'ouvre plus étendue.

MARIE

£h bien, épargne-moi de trop barbares soins ; £t si ce n'est qu'un songe, ah! laisse moi du moins, Soulevant un moment ma chaîne douloureuse, ïléver que je suis libre et que je suis heureuse. Ne respiré-je pas sous la voùie des cieux? Un espace sans borne est ouvert a mes yeux. Vois-tu cet horizon qui se prolonge immense? C'est là qu'est mon pays; là l'Ecosse commence. Ces nuages errans qui traversent le ciel Peut-être hier ont vu mon palais paternel. Ils descendent du nord, ils volent vers la France. Oh ! saluez le lieu de mon heureuse enfance ! Saluez ces doux bords qui me furent si chers! Hélas ! en liberté vous traversez les airs.

AN.NA

Madame !

MAIUE.

Je ne sais, mais de ma délivrance, En revoyant le ciel, j'ai repris l'espérance.

ANNA

Dans votre aveuglement, vous n'apercevez pas Que de loin en secret on surveille vos pas.

MARIE

Non, ce n'est pas en vain, mon cœur me le présage, Que de la liberté l'on me rend quelque usage. Crois-moi, ma chère Anna, cette simple faveur Me mène par degrés vers un plus grand bonheur ; J'y sens de Leicester la main puissante et chère. Ma prison chaque jour deviendra moins sévère. Ma liberté plus grande et mes liens plus doux. Jusqu'au jour où lui-même il doit les rompre tous.

ANNA

Je voudrais l'espérer ; mais j'ai peine à comprendre Qu'après l'arréi fatal qu'on vient de nous apprendre Libre...

MARIE

Enlcnds-tu ces sons et ces lointaines voix Dont la chasse bruyante à rempli tous les bois? Anna, les entends-tu? Que ne puis-je sans guide M'élancer tout-à-coup sur un coursier rapide! Que ne suis-je emportée à travers les furets ! Ces sons tristes et doux ont ému mes regrets ; Ils m'ont soudain rendue aux monts de ma patrie.

SCr.NE 11.

PAL'LEÏ, MARIL: , ANNA.

PAULET

Eh bien ! madame, eniin votre attente est remplie. Avec empressement je dois vous annoncer Une insigne fa\eur où vous n'osiez penser*

MARIE

PAULET

Enlendcz-vous dans la forêt prochaine Ces sons ?

MARIE

Vous m'effrayez.

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