ACTE V, SCENE V
Venez tous; recevez l'adieu de votre reine. Adieu. Ne pleurez pas. Pour un sort plus heurei!\ Nous nous retrou vcronsquelquejoiir dans les cicux ; j'en ai l'espoir. Je meurs dans la foi véritable. Du crime qu'on me fait je ne suis pont coupable. Puisse de mes erreurs Dieu ne pas me punir! Melvil ! pour m'en absoudre, ah ! daignez me bénir. Le ciel aux cheveux blancs donne ce droit suprême. Le pardon d'un vieillard est celui de Dieu même. Vous, qu'il me semble exprés envoyer en ce lieu , Jadis mon serviteur, soyez celui de Dieu ; Devenez son ministre et son saint interprète; Et, comme devant moi se courbait votre tête, Abaissant devant vous mes yeux humiliés, C'est moi qui, maintenant, me prosterne à vos pieds. (La reine se met à genoux devant Melvil , et tout le monde s'éloigne.) MELTIL, avec autorité.
Marie, autrefois reine, et maintenant martyre. Lorsque le roi des cieux du monde vous retire , Allez vers lui sans peur : l'or pur est éprouvé ; De la paix du Seigneur l'instant est arrivé. Coupable seulement des erreurs d'une femme. Vos fautes dans le ciel ne suivront pas votre amc ; Et quiconque vers Dieu s'élève avec amour. N'emporte rien du monde au céleste séjour. Adieu. Qu'un saint espoir, en mourant, vous soutienne. Allez ; je vous bénis : partez, ame chrétienne ! Dieu s'avance lui-même au-devant de vos vœux, Et le pardon sur vous descend du haut des cieux. (Paulet paraît à la porte. Melvil va vers lui , Murii; reste à genoux plongée dans la méditation.) ANNA, à part.
Quel bruit ai-je entendu? si Mortimer !... HELVlL, revenant vers Marie.
Madame , Avez-vous rassemblé les forces de votre ame ?
MARIE, se relevant.
Oui, Dieu m'occupe seul; et je viens sans retour Dd lui sacriGer ma haine et mon amour.
MELVIL
Ainsi, sans redouter sa présence imprévue , Du comte Leicester vous soutiendrez la vue. Leicester et Burleigh demandent à vous voir. Ils sont là.
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