SCÈNE X
PAULINE, M"« DUBREUIL, DUVERNOI fils.
DUVER>OI FILS.
Madame, pardonnez à mon impatience.
Mon père dès lonf[-temps condamnant mon absence, Dans ses lettres toujours m'appelait près de lui ; Et, sans m'en j)révenir, il arrive aujourd'hui.
MADAME DUBREUIL
Serait-il irrité contre vous ?
DUVERNOI FILS.
Je l'i.gnore.
Pour me justifier je n'ai rien dit encore. Avant de ni'expliquer avec lui franchement. Je dois vous demander votre consentement. Par mon émotion mon secret se devine.
Sans désirer sa main je n'ai pu voir Pauline.
MADAME DUBREUIL
Votre trouble, monsieur, se conçoit maintenant ; Mais l'aveu de ma fille est-il moins important? Je ne présume pas que vous l'ayez encore.
DUVERNOI FILS.
Non, madame. Elle sait à quel point je l'adore.
PAULINE, à part.
11 est vrai.
DUVERNOI FILS.
Mais son cœur, de ses devoirs jaloux , N'a point dit son secret.
PAULINE, à sa laère.
Je ne l'ai dit qu'à vous.
Mon devoir à monsieur m'ordonnait de le taire; Mais je n'ai jamais eu de secrets pour ma mère.
DUVERNOI FILS, vivement.
Pauline...
PAULINE
C'est assez.
MADAME DUBREUIL
Ah ! ne le gronde pas.
jMoi-inême, en l'excitant , j'aimais son cmbairas;
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D'un amour délicat son trcjuble était la preuve. Et je dois m'applaudir d'avoir fait cette épreuve.
DUVERNOI FILS.
Que vous rendez justice à mes vrais sentiments! Madame, je vous jure...
MADAME DUBREUIL
Oh ! trêve de sei'ments.
DUVERNOI FILS, vivement.
INIaintenant à mon père ii faut que je confie Un secret d'où dépend le bonheur de ma vie. De mon trop long séjour peut-être il grondera ; Mais, en voyant Pauline, il me pardonnera. De mon père pour moi la tendresse est extrême. Eh! qui pourrait jamais condamner qui vous airue? Mon tort fut de cacher si long-temps à ses yeux Un amour dont mon cœur doit être glorieux; Et je vais de ce pas, dans l'ardeur qui me presse , Lui peindre vos bontés et ma vive tendresse.
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