SCÈNE III
DIÉGARIAS, PÉRÈS.
PÉRÈS, remettant l'épée à Diégarias.
Voilà.
DIÉGARIAS . à voix basse, après avoir passé l'épée ."i sa ceinture.
Tu te souviens de mes ordres?
PÉRÈS , bas.
Oui, maître.
(Montrant !a fenêire à gauche. 1 Je me tiendrai cadié là, sous celte fenêtre; Un honmte montera; s'il en descend, un mol,
In seul de votre bouche, il est mort aussitôt.
(Sur un geste de Diégarias, Pérès sort.) DIÉGARIAS, après avoir attaché l'éclielleà la croisée. Qu'il vienne maintenant.
(Lisant la lettre de doo Juan.) « Contre une unie rebelle » Jemeheuriai.— C'était une enfant jeune el belle, » Dix-huit ans, le tcinl rose, au regard radieui » El i)ur comme l'étoile éclo<e dans les cieux... » (Il parcourt le reste des yeux.— Fermant la lettre.) Il a caché le nom...— S'il résiste, qu'il tombe... Mon secret avec lui s'éteindra dans la tombe. — (On entend, au dehors, frapper trois coups dans la
main.) C'est lui.
(Jetant l'écliellc de soie.) Pourvu qu'il monte.
(Il regarde en écartant les draperie*.) Allons, rassurons-nou.'î.
Viens, viens, don Juan, quelqu'un t'attend au
[rendez-vous.
(Il ?e cache dcruL-re les draperies. — Don .luan paiaii au haut de l'échelle.)
Sr.ÈiNE IV.
DON JUAN, DIÉGARIAS.
DO>' JUAN , s'appuyant sur la croisée.
Je suis ivre à moitié. — Que je me débarrasse. — (Il jelle son manteau sur le théâtre. — Puis passant
son épée.) Inès, tiens mon épée. —
(Diégarias allonge la main et la p-'end. — Don Juan
sautant.)
EnGn! -
(Mettant de l'ordre A sa toilette. — Sans détourner la
tète.)
Je te rends grâce ; Je me serais rompu la tète sans cela. — (Ne voyant personne lui répondre, il se retourne avec
nonchalance.) Oii donc es?...
DIÉGARIAS, faisant un pas \ers lui.
Votre épée ?
DON JCAK.
Ah!
DIÉGARIAS, la lui mettant sous les yeux.
Comte, la voilà.
DON JCAN, à part.
Je suis joué !
DiÉGAKi.\s, à part.
Mon Dieu ! donnez-moi le courage De ne pas sur-le-champ me venger de l'outrage. —
(Moment de silence. — A don Juan.) Je serai calme e( bref, écoulez. —
(\e pouvant le contenir.)
DIÉGÂIUAS.
CepentiaiU Vous con\ icntlrc/., monsieur, qu'il était imprudenl De quitter votre épée et rf'oser à cette heure Aventurer vos pas jusque dans ma demeure.
Vos paroles, monsiwir, sonfpleines de raison, Car j'aurais dû m'altendre à quelque trahison.
DIÉGAUIAS.
Ah:
BON JUAN
Quant à mon épée, elle ne pouvait être En de meilleures mains.
DIÉGAUIAS, avec violence.
Oui, pour la briser, traître.
(Il la brise tt en joue les morccanx aux pieds de don Jiiaii.) DON JUAN, l'.s rc'|)i.ns>ai!l liu pied.
Très bien.
DIÉGAUIAS, ineiiaçanl.
Je te liens donc enfin en mon pouvoir!
DON JUAN
Si j'étais, nionseigncur, un homme à mémouvoir, A\ec votre air fatal et vos cris de menace, Je me verrais réduit à vous demander grâce.
DIÉGARIAS, liois de lui.
Tenez, ne raillez point, comte, car, voyez-vous, Vous feriez éclater ma haine et mon courroux.— Je vous tiens, songez-y... —Je puis d'un mol,
[d'un signe, Laver dans votre sang votre conduite indigne. — Ah! que les voilà bien ces illustres sciiineurs, Héritiers d'un passé de gloires, de splendeurs, Qui , souillant leurs blasons du souffle de leurs
[âmes.
Cachent sous de grands noms des lâchetés infâmes ; El qui...
DON JUAN, Iroiileir.cnt.
Venons au fait.
(Pause.)
DIÉG.\RI.1- , comme rappelé à lui-même, avec une
proroixle éinotinii.
Ma présence en ces lieux, La p&leur de mon front , ces larmes dans mes Le désespoir muet de mon âme offensée , [yeux , Ke vous ont-ils donc pas expliqué ma pensée?
DON JDAS.
Je l'allends.
DIÉGARIAS, se contenant.
Vous avez, par une trahison.
Attaché l'infamie au seuil de ma maison. — Eh bien ! malgré cela, c'est moi , monsieur le
comte, Père désespéré dont on ne tient point compte. Vieillard de soixante ans, dont le nom, dont l'as-
[pccl, Semblaient devoir, du moins, inspirer le respect, C'est moi, l'appui d'un roi, ministre de (bastille,
Qui \icns, monsieur le comte, au nom de ma fa-
[mille, Au nom de vos remords, de votre loyauté , Vous demander l'honneur que vous m'avez ôté. A ma voix, par pilié! ne soyez pas rebelle, Non; tout est prêt, le prêtre attend dans la cha- Venez. [pelle ;
DON JUAN
DIÉGARIA.S, lui prenant la main.
Venez, el dés lors, triomphant, Oli ! je vous aimerai comme un second en-
[fant .. - Vous serez Ion! pour moi, croyez-le... — Je vous
[jure, j'oublierai le passé, vos affronts, votre injure; J'oublierai tout. — Venez.
DON JUAN, se dégageant la main.
Impossible, monsieur; Chacun m'accuserait d'avoir cédé par peur.
DIÉGABIAS.
impossible?., impossible?— Ah 1 savez- vous bien,
[comte Que je ne suis pas homme à vivre avec la honte... Que tout vieux que je suis, je... Mais uon, écou-
[lez.
Non, je ne vous crois point, tenez, vous plaisan-
[lez. — Ce serait, voyez-vous, trop lâche et trop infâme. Après avoir brisé l'avenir d'une femme.
Porté le désespoir et la morl dans son cœur. Fait de ses dix-huit ans un legs au déshonneur, Voyant que dans les pleurs s'épuise son courage, De détourner les yeux, comte, de votre ouvrage... Non, quel que soit le sang dont vous êtes sorti. Non, non, vous n'êtes point si vil, si perverti... Venez.
DON JUAN
Jamais, monsieur, jamais. — Prenez ma vie; Par un assassinat qu'elle me soit ravie; Mais ne vous flattez pas qu'oubliant ma fierté. Je rachète mes jours par une lâcheté. [nace.
Non. —Tout homme pour moi qui cède à la me- S'il est noble, monsieur, a fait mentir sa race.
DIÉGARIAS, avec explosion.
Eh bien! soyez maudit! —
(Avec une douleur profonde.)
J'ai passé soixante ans,
Pouvant avec orgueil montrer mes cheveux blancs.
N'ayant pas un remords caché dans la poitrine.
Et voilà qu'à cette heure il faut que j'assas-
(A don Juan.) sine!...—
C'esL vous qui m'y forcez, soyez, soyez maudit!
( f.ui monirani un parchemin qui est sur la table.)
Ceci, c'est un contrat, signez... ou tout est dit.
ACTl- II. SCKNK V.
DON JUAN, se (légaspai)t le br;is que Diégarias av.;ii[ pris.
Vous êtes fou.
DIÉGARIAS . s'arrètaiu au moment de sonner. J'ni là, derrière cette porte, Un homme, un meurtrier, un nss.issin, n'importe. Il n'.T jamais connu ni crainte ni remorW, Je n'ai qu'un mot à dire, comte, et vous êtes mort. Réfléchissez.
C'est fait.
DIÉGARTAS.
Tenez, voici la phin'.e.
Mes paroles souvent sont pleines d'amertume ; Oul)liez-les , signez.
DON JCAN.
Jannais.
DIÉGAUIAS, avec égarement.
Dieu tou^puissant, Cet homme, en vérité, veut voir couler son sang!... Allons, quelle que soit mon horreur pour le crime, Je n'y résiste plus... sa mort est légitime... — Que je remplisse ou non l'oflice du bourreau, Je scelle avec son sang mon secret au tombeau.
(Criant.) Entrez 1 —
(Abul-Bekri entre, un masque sur le visage et l'épée à la main. — Devant cette apparition subite, don Juan recule involontairement. — Diégarias d'un ton méprisant : )
Ne fuyez pas, ce serait inutile.
DON JUAN, .se mordant les lèvres de dépit.
Tu te trompes, vieillard... je suis calme et tran-
[quille...
J'attends.— Me voilà!— Frappe, et cela sans pitié ; Assouvis dans mon sang ta sombre inimitié; Il est temps de prouver à la Castille entière Que son premier ministre, à l'àme haute, allière, Qui tient depuis douze ans les rênes de l'état, Ne sait point reculer devant l'assassinat.
Comte , le châtiment sera comme Toffense; Il restera caché dans l'ombre et le silence.
DON JUAN. [intérêt,
Comme lofTense?... — Allons, dans ton propre Je crois que tu sauras mieux garder ton secret ; Mes amis savent tous oti je suis à cette heure; Ainsi donc, hâte-toi, si tu veux que je meure.
DIÉGARIAS.
On le sait!...
(A Abul-Bekri.)
Frappe! - (Au moment où Abul-Bekri se précipite sur don Juan, il l'arrête. ) Non.
[Moment do silence. — A pari.; rdouter.'...
Que ne puis-je en
Je n'ai donc sur ce point plus rien a redouter... — El moi qui me flattais que sous six pieds de terre, Avec lui descendrait ce scandaleux mystère!... —
(A don Juan.) Tu triomphes... le .sort en décide aulremerH... Vis donc, et ne crains-plus mop juste châtiment.— La réparation, comme non advenue, Ne doit point se cacher quand l'injure est connue.
DON JUAN
Qu'espérez-vous encor ?
DIÉGARIAS, avec hauteur.
Vous l'apprehdrez du roi.
(Ouvrant la porte du fond et criant.) Holà ! gardes, holà !...
LE GARDE , du scuil de la porte. Seigneur?
DIÉGARIAS.
Approche-toi. —
(Montrant don Juan.) Cet homme est prisonnier.- (Mouvement de don Juan.)
Monsieur, la résistance Ne servirait de rien dans cette circonstance.
(Au garde. J Obéissez.
DON JUAN , après un monipnt d'hésitation. Allons.
(îl suit le garde.!
o&ooooouoooogocooocuoooooâocooi^ooojoooooooooooocooo
.SCKNK V.
DIÉGARIAS, ABCL-BEKRI,dans le fond,
DIÉGARIAS, s'asseyant.
Honte et damnation!...— Malgré moi je le crois. — Oui, la conviction. Dans mon âme est entrée avec sa voix sinistre. — Soyez donc tout-puissant... — soyez premier mi-
[nislre!
ABUL-BEKRI, s'avançant vers Diégarias, à part. A nous deux, maintenant.
DIÉGARIAS, continuant.
O toi, durant douze ans.
Dont seul j'ai soutenu les états chancelans. Toi qui, pour appuyer ta puissance royale, N'as jamais pu trouver une main plus loyale. Quand je mets, à mon tour, mon espérance en toi, Tu ne peux me manquer, n'est-ce pas, ô mon ABUL-BEKRI, à Diégarias. [roi? — Un mot, seigneur, un mot.
DIÉGARIAS , se levant.
Je ne puis vous entendre.
ABCL-BEKRI.
Un seul.
DIÉGARIAS,
Non.
DIÉGARIAS.
ABUL-BEKRi, avec auioiilé
Il le faut, DIÉGARIAS, avec liauleur.
Oseriez-vous prétendre?...
ABCL-BEKKI, froidement.
Je prétends vous parler, monseigneur.
DIÉGARIAS.
Tu prétends?
ABUL-BEKRI, sc incitant devant lui.
Je prétends vous parler, et cela dans l'instant. Oh ! ne m'accusez pas d'audace, d'insolence ; Non ; depuis trop long-lenips je garde le silence, Acceptant les ennuis de ma position, Vous servant de valet, d'assassin, d'espion, Tandis que j'avais là, dans mon àme importune, Maître, un de ces secrets qui font notre fortune.
DIÉGARIAS, avec emportement. Eh! que m'importe à moi...
ABUL-BEKRI
C'est tout ou ce n'est rien ; C'est l'histoire d'un juif couvert dun nom chrétien.
DIÉGARIAS, tressaillant.
Tu dis?
ABUL-BEKRI
Que j'attendais l'heure, la circonstance, Oti mon secret devait gagner en importance.
DIÉGARIAS.
Je ne vous conprcnds pas; expliquez-vous.
ABUL-BEKRI
Vraiment?
Je vais donc essayer de parler clairement — En l'an mil quatre cent trente, j'étais en Grèce , Oii m'avait entraîné ma première maîtresse. Là, je vivais fort mal, faisant plus d'un métier. J'avais été soldat, marchand, contrebandier; Enfin je fus corsaire. — Après une entreprise , Voulant tout aussitôt vendre ma part de prise, Au juif Eliacin je me suis adressé. — J'aurais pu mieux choisir, je fus pre.sque chassé.— Depuis ce jour les traits de cet homme bizarre Sont demeurés gravés dans ma pensée avare; Si bien qu'à Madrijai, voilà deux mois bientôt, Ayant, Dieu sait comment, découvert un complot Tramé par l'amiral et l'envoyé de Rome, J'allai voir le ministre et retrouvai mon homme. C'était vous.
DIÉGARIAS.
Moi?...
Vous-:néme.— Avouez, monseigneur.
Que j'ai de mon côté bien joué de malheur. — Tandis que vousmonliez; tandis qu'en geiitilhom-
[me, Vous vous fiiisiez un nom que partout on renom-
[me; Caché par le hasard sous l'habit d'un chrétien, Et devenu d'un roi le guide et le soutien , Tandis que vous domptiez quelque superbe ville
Où grondaient le tumulli' et la guérie civile; Qu'on vous livriiit plus d'or qu'il n'en faudrait
[vraiment Aux désirs effrénés d'un méchunt garnement, Moi, je traînais des jours si peu dignes d'envie, Que pour un ducalon j'aurais donné ma vie.
DIÉGARIAS, à part.
Oii veut-il en venir?
ABUL-BEKRI, continuant.
Cependant j'avais tort De maudire le ciel et d'accuser le sort. — Vous êtes tout-puissant ; d'un mouvement de tète Vous faites dans l'élat le calme ou la tempête; Vouoi avez des trésors immenses, des valets, Des terres, des vassaux, de somptueux palais; C'est bien ; mais moi je puis d'un mot, d'une pa-
[role, Plus vile que l'éclair ou que l'oiseau qui vole , Entr'oHvrant sous vos pieds un abîme béant, Vous faire tout entier rentrer dans le néant.
niÉGARiAS , fièrement.
Que ne le faites-vous?
Fi donc! seigneur. — Le faire?...
Ce serait avant tout une mauvaise affaire : Vous, puissant, je le suis ; tombé, je ne suis rien ; Vous comprenez?
DIÉGARIAS, avec amertume.
Oui... oui... je vous comprends trop bien... Fatigué de servir, vous voulez être maître... Etre riche... être heureux... être puissant.
ABUL-BEKRI
Peut-être.
DIÉGARIAS.
Pour vous taire, en un mot, il vous faut beaucoup
ABUL-BEKRI. [d'OF.
Vous l'avez dit, beaucoup.— Maisje veux plus en- DiÉGARiAS. [cor.
Quoi ?
ABUL-BEKRI
L'or ne suffit pas; dans mes mains il s'écoule Comme le flot mouvant que la brise refoule.— Je suis riche à présent, une heure après, bonjour.
DIÉGARIAS.
Parlez, que vous faut-i) ?
ABCL-BEKBI.
Une place à la cour.
DIÉGARIAS.
A la cour?
Qu'est-il là d'étonnant, je vous prie?—
DIÉGARIAS.
(]e que vous demandez est une raillerie...
ABUL-BEKRI
Vous vous trompez.
DIÉGARIAS.
Pourtant...
ACTi: II, SCÈNE VI,
ABtl.-BEKllI.
Je nie lais à ce prii.
(Moment de silence.)
DlÉGARIAS.
Ce serait pour la cour montrer trop de mépris.— Mon valet !
ABUL-BBKIti.
Choisissez.
(Pause.) DIÉGARIAS , à part.
Oh ! maudite soit l'heure , Celte heure qui m'a vu rentrer dans mu demeure Ministre de Castiile et favori d'un roi !...
ABUL-BEKRI
Qu'avez-vous décidé?
D'être digne de moi.
Je refu.se.
ABIIL-BEK.BI.
Vous re... #
DIÉGARIAS.
Je refuse, vous dis-je.
ABCL-BEKRI.
Songez...
DIÉGARIAS.
Pour m'ébranler, il faudrait un prodige.
ABUL-BEKRI
Votre intérêt.
DIÉGARIAS, avec mépris.
Sortez!
(Abul-Bekri veut répondre; Diégarias lui ordonne de sortir en lui montrant la porte. — Abul-Bekri se relève alors de toute sa hauteur, et vient se poser, lés bras croisés sur la poitrine, devant Diégarias.) ABDL-BEKRI, avec une rage concentrée.
Je sortirai, seigneur, Quand je vous aurai dit ce que j'ai sur le cœur. — Vous avez du dégoût pour tout ce qui me touche... Du dédain dans les yeux... et l'insulte à la bou- Vous affectez un ton tellement offensant, [che... Que je sens frissonner et bouillonner mon sang... Pourquoi?... Suis-je un juif, moi? dites...— Dans
[ma jeunesse, Quelqu'un m'a-t-il contraint de m'exiler en Grè- Ai-je jamais été dans la courdun palais, [ce?... Impunément frappé par d'ignobles valets?... Ne m'interrompez pas.— Je marche tête haute. Sachant que ma fierté ne me fera point faute ; El je ne cache pas, étant maure ou païen, Le nom de mes aïeux sous celui d'un chrétien.
DIÉGARIAS , se contenant à peine.
Mon Dieu !
ABUL-BEKRI , continuant.
Ce n'est pas tout, ministre de Castiile : Moi, je n'ai point d'enfant, moi, je n'ai point de
[fille, Délaissée et flétrie aux bras,.d'un grand seigneur,
Dont je n'ai pas encor vengé le déshoimeur. — Maintenant au revoir. —
DIÉGARIAS , se jetant enire lui et la porte.
Il est trop tard...— Arriére !... — Ah ! lu m'as insulté dans ma douleur de père... — Je puis encor tenir une épée... A nous deux ! (Il tire son épée.)
ABUL-BEKRI
Non, le combat pour loi serait trop hasardeux, Et je liens à ta vie.
DIÉGARIA!?, menaçant.
Ah! tu veux railler, traître!
ABUL-BEKRI
Laisse-moi m'éloigner.
DIÉGARIAS , se jetant devant la porte du fond. Jamais.
ABUL-BEKRI, sautant par la fenêtre.
Celte fenêtre Me suflit ; à bientôt.
DIÉGARIAS, s'éîançani pour le retenir.
Malheur et désespoir ! — (A la croisée.) Perés, vous entendez, faites votre devoir. —
ABUL-BEKRI, au dehors.
Un guet-apens!... — Allons, défends-toi, miséra-
[ble ! -
(On entend le cliquetis des armes, puis un grand
silence.)
DIÉGARIAS , écoutant.
Ah !... — Plus rien. — Dieu vengeur, soyez-nous
secourable.— (Moment de silence. — Un grand bruit de voix se fait entendre du côté opposé. — Diégarias retournant involontairement la tête.) Quel est ce bruit?
(La porte du fond s'ouvre; le page du roi paraît; il est suivi d'un homme d'armes.)
ooooaooovgûoooaoBOOOooooooQooojoooojwOooojûOOOOoooo