‹ Magasin théâtralChapitre 742 sur 1475 · I.E CONNÉTABLE · texte numérisé non relu

I.E CONNÉTABLE

Kt puis?

UON sANCUli

Sept ou huit chàleaux-forts que garcicnt îles amis. Ajoutez il cela, si FAragon nous maïKiiic, Que nous aurons pour nous Toièdeet Salamanquc; Que Tolède est bornée à loucst par .\vila; Que celle-ci fera ce que vent celle-là.

LE CONNÉTABLE

Donc vous croyez urgent de brusquer renlreprise?

DON SANCUE.

Attendre, aux trahisons c'est vouloir donner prise. A quoi nous peut servir tant d'hésitation ? Nous devrions trembler de notre inaction. Chaque heure, dans ce temps de basses perGdies, Pèse comme un danger sur nos têtes hardies. Quand au but souhaité on touche de la main, C'est se perdre à plaisir de rester en chemin; Nous avons à lutter, nous avons à combattre , Non contre ce Henri qu'un sonfTIc doit abattre, Mais contre le ministre, esprit raie et profond, Dont le coup d'œil est juste , et donl le geste est

'prompt.

LE CONNÉTABLE

Un parvenu qui veut, dans l'inlcrél du trône, Assujélir nos droits aux droits de la couronne.

DON SANCHE

Il le voulait hier, il le veut aujourd'hui ;

Le temps rend tout possible aux hommes conmie

Il faut le prévenir. [lui.

LE CONNÉTABLE

Mes sentinicns sont vôtres.—

A l'œuvre!... — Nous pensons les uns comme les

[autres.

DON SANCHE, apercevant son page.

Silence, le roi sort du conseil. — Bon espoir. —

A la tour Del-Oro, je vous attends ce soir.

(Les seigneurs serangenuie côté. — Le roi enire.suivi

(le Diégarias.)

LE ROI , à don Sanclie.

Les courriers sont partis?

DON SANCHE

lis sont partis. Altesse.

(Sur un geste du roi, tout le inonde sort.)

.scÈM-: m.

Le roi, diégarias.

LE ROI

Non , ne le laisse pas aller à la tristesse. Si quelqu'un doit rougir, comte, ce n'est pas toi; Ce n'est pas ton Inès au cœur si pur. — Crois-moi, C'est cet homme sans âme et sans valeur aucune Dont tu vas par ton nom relever la fortune.

DIÉr.AlUAS.

DIEGARIAS.

Vous êtes vraiment bon.

LE ROI

Espère.

DIÉ(iARIAS.

Il va venir.

Vciis aile/, décider de lout mon avenir, Sire; soyez prudent.

Je n'ai qu'un mut à dire :

Ton outrage est le mien.

DIÉGARIAS.

Il peut résister, sire,

LE ROI

Résister? Nous verrons.— On vient, sois sans ef- Pour venger un ami, comte, je serai roi. [froi. i Diégarias soit. — Don Juan t-inre.)

SCKNK IV.

Le ROI, DON JUAN, dans lefoiul.

LE KOI. à (Ion Juan, d'une voix sèche et brove.

Approchez-vous.

DON JLAN, à part.

Quel ton sévère et pérempioire...

Son Altesse est a a fait de ma dernière histoire, Ça se voit.

LE ROI

Ecoulez. Don Luc et don Pedro Viennent d'être arrêtés ; don Gusman de Castro Le sera dans une heure, et vous, monsieur le com- Volre arrestation ne sera pas moins prompte : [te. Conspirant avec eux contre noire maison. Vous êtes accusé de haute trahison.

DON JUAN

Monseigneur...

LE ROI

Vous devez connaître les supplices Qui vous attendent, comte, et vous et vos compli- Enseveli vivant dans l'horreur d'un cachot, [ces ? Pour vous bénir un prêtre, ensuite l'échafaud, Oti vous irez pieds nus comme un traître, âme vile. Que le vol a conduit au gibet de la ville.

DON JCAN , r, pan.

Diable!

LE ROI

Ce n'est pas tout.— Pour la troisième fois. Je vous tiens en flagrant délit contre mes droits. Je peux donc, et cela fussiez-vous plus que comte, Avant que le bourreau vous ait jeté sa honte , Dégradant votre nom, brisant votre écusson, Transmettre à vos neveux l'échafand puur blason. Je donne ici, monsieur, la parole du maître, Du roi. — Ce que j'ai dit sera fait à la lettre, A moins (luà l'instant même, en ces lieux, devant

[nous.

DIÉGARIAS,

Votre vitliine en vous ne retrouve un époux.

ItON JUAN.

Sire...

LE ROI

Réfléchissez ; vous avez un quart d heure.

(Il sort.)

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DON JUAN , seul.

La dégradation... l'échafaud... Que je meure Autrement, j'y consens.— Vouloir me marier.. . Diégarias, c'est un beau nom d'aventurier, Voilà tout. — El l'on veut, moi grand d'Espagne

[et comte, Que je m'oublie au point de boire celte honte? Non, sur mon honneur, non. - Cependant si le Oser me dégrader !...— Il le ferait, je croi, [roi... Je ne l'ai jamais vu nous parier de la sorte. — Le singulier roman '.—Je céderai.— N'importe ; Ah ! celui qui pourrait me tirer de ce pas , Je lui consacrerais ma fortune et mon bras. (Depuis un niomciil un homme, la lête recouverte d'un capuchon, est entré. — Il est entouré du connétable, et d'une foule de seigneurs. —Aux dernières paroles de don Juan, il fait un pas vers lui et rejette son capuchon. — C'est Al)ul-Bekri.

ABUL-BEKKI.

Il ne m'en faut pas tant.

OO OLOOOOOPOOOOOOOCOOOOOOOOOCOOOCOOOOOOOOOOOOOOOOOO

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