‹ Magasin théâtralChapitre 756 sur 1475 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

DIÉGARIAS, DON SANCHE.

DON SANCHE

Vous avez tout conduit sagement.— Ce n'est pas un projet trop mauvais que le vôtre : Pour vous venger de l'un, vous pardonnez à l'au-

[tre.

DIÈGARIAS, froidement.

Vous avec mal choisi le moment de railler ; Quand vous saurez mon plan , vous pourrez en DON SANCHE. [parler.

Quoi donc?

DIÈGARIAS

Nous n'avons pas, comme les gens frivoles, De temps à dépenser en de vaines paroles. — Vous n'êtes pas venu tantôt au rendez-vous ; Vous voilà, maintenant, puis-je compter sur vous?

DON SANCHE

C'est selon.

diÉgahias, avec un sourire amer.

Je comprends : service pour service ?

DON SANCHE

Vous vous en étonnez?

Tlli.GAIllAS.

C'est de loiitc justice. — Quniii] les proches pnrens ne donnent rien pour

[rien.

Le fait serait étrange entre juif el chrétien. — Expliquez-vous. —

DON SANCHE

Voici. — Pour soulever Sévilic, Nous serons appuyés des bourgeois de la ville; Le mécontentement du peuple et des soldats Nous répond, au besoin, du secours do leurs bras : Cependant.. .

DIÉGAIUAS.

Cependant ?

DON SANCHE

Au succès de l'aiï.sire.

L'alcade don (îusinan nous semble nécessniro. —

DIÈGARIAS.

Combien s'eslinie-t-il?

DON S.ANCHE

Trois cent mille ducats.

DIÉGAUIAS.

Il faut les lui compter.

DON SANCHE

Nous ne les avons pas.

DIÈGARIAS.

Vous les aurez, — pourvu, comme un cri d'ana- Que la sédition éclate demain même.— [Ihénu"

DON SANCHE

Tout est prêt.

DIÈGARIAS, avec une exaltation cioissanlc.

Que vos plans soient ou non assurés.

Vous pouvez me comislcr parmi les conjurés... — Oui , d'aujourd'hui j'en prends l'engagement sin-

[cére ; Devant Dieu qui me voit et menl-cnd , Dieu le

[père.

Devant loi, nuit lugubre, el loi, pâle clarté, El vous, astres roulans dans votre immensité. Je vous prends à témoin , — dussé-je sur ma tète Voir tomber en éclats la foudre et la Icrnpéle ; Dussé-je être vivant broyé par un lion. Me vouant tout entier à l'insurreclion.

Je jure que ce roi que la révoile enchaîne, En moi ne trouvera que vengeance et que haine J

(A don Sanche.) Ma place est au palais, maintenant, non ici.

DON SANCHE

Quel est Ion projet?

DIÈGARIAS.

Viens.

DON SANCHE

Peux-tu parler ainsi.

Quand tu sais, te livrant aux mains de Son Al-

[lesse, Que la tète, ô vieillard, répond de ta promesse?

DIÈGARIAS.

Je ne sais rien , sinon que les jours sont pesans Quand la honte s'allie avec les cheveux blancs.

DltGAI'.IAS.

DIKGARIAS,

IHt^ SANCIIK.

La mort l'atleiid là-Las, songcs-y.

niÉGARiAS, avec une force cxaliiie.

Que m'importe! .. — Qu'avec eux s'il le faut ma vengeance m'emporte! Que i'olTenseur enfin tombe avec l'outragé ; Soit ! je mourrai content ; je me serai vengé! — (Inès entre.)

SCKN'K V[I.

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