‹ Magasin théâtralChapitre 757 sur 1475 · INÈS, DIÉGARIAS, DON SANCHE · texte numérisé non relu

INÈS, DIÉGARIAS, DON SANCHE

dans le fonJ.

INES, à Diégarias.

Un envoyé du roi vous demande, mon père.

DIÉGARIAS , se retournant.

Ah! c'est toi, mon enfant...

(L'altiranl à lui.) — Sois heureuse... sois fiére... — Nous avons eu des jours d'opprobre et de douleurs ; Mais nous aurons du sang pour effacer nos pleurs... Ce n'est pas, crois-le bien, une vainc espérance. — Tu peux lever le front, je marche à la vengeance... J'y marche, mais non pas par de douteux chemins; Je les tiens tous les deux dans mes terribles mains.

I>ÈS

Tous les deux...

DIÉGARIAS.

Est-ce trop pour payer notre honte?

Tous les deux ?.. Mais qui donc?

DIÉGARIAS.

Son Altesse et le comte.

INÈS, s'appuyant pour ne pas tomber.

Le comte?

DIÉGARIAS , sans s'en apercevoir d'abord.

En ce moment, on dresse l'échafaud... — Comme nous, n'est-ce pas, qu'il tombera de haut?.. N'est-ce pas?..— Tu pâlis!— qu'as-tu donc? INÈS , dans le plus grand désordre.

—J'ai, mon père.

Que sur moi doit enfin tomber votre colère... — Dans le premier moment, toute à mon désespoir... Le cœur brisé... meurtri... c'est vrai, j'ai pu^vou.

[loir...

J'ai pu vous demander... Mais uncàmc au raar- Pése-t-elle lesmotsqueladouleurinspire?... [tyre. J'ai pu vous demander, tant jesoulTrais, seigneur, Qu'avec le sang du comte on lavât mon honneur... Mais vous deviez bien voir que j'étais insensée... Je vous ai dit ce qui venait à ma pensée. [bien Voilà tout. — ïcoutez... - Mon Dieu, vous savez Que dans le désespoir on n'examine rien... — Cet homuic dont l'amour flétrit et déshonore... Dont je voulais la mort, eh bien I je l'aime encore.

(Se jetant à ses pieds.) ÎMon père, underniermot .. jem'attacheà vos pas... Grâce, grâce pour lui !...— non, ne le tuez pas! — Non, c'est au nom du cie! que je vous le demande. Je ne puis le haïr.— Mon orgueil le commande. Mais mon cœur s'y refu.se. — Oh ! \ous ne savez

[point Jusqu'où l'on peut pousser la folie en ce point. — J'aurais dû le haïr, c'est vrai... — c'est un infâme... Il a pris pour jouet l'avenir d'une femme. — C'est un lâche ; il s'est fait un jeu de mon honneur... Mon Dieu, que voulez-vous, je l'aime, monsei-

[gneur.

DIÉGARIAS, dominant son émotion.

C'est un malheur de plus. —

(Il s'éloigne.) INÈS , les bras tendus.

Mon père !... — (Retombant sur elle-même.) Ahl

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