ACTE V, SCENi: VllI
LE ROI
Le tocsin?...
DIÉGARIAS.
Regarde par ici.
(Les nainmes d'un incendie se refli'lenl dans la prison.)
INÈS, agonisant dans le fond, à part.
Que ce poison est lent!...
LE BOl, avec terreur.
Qu'est-ce que tout ceci ? — INÈS , mourant.
Je te rejoins, don Juan.
DIÉGARIAS, sans voir c(! qui se passe derrière lui, au roi, avec triomphe.
Chaque rayon de flamme Devrait prendre une voix pour parier à ton âme... Tu touches au moment de l'expiation...
Ce feu, c'est le signal de l'insurrection.
LE ROI
Misérable !
DIÉGARIAS, avec joie.
Entends-tu ce bruit qui se propage, Sombre comme la foudre en une nuit d'orage ? C'est le peuple qui vient, le peuple souverain, Brûlant de l'enlacer de ses deux bras d'airain ; Le peuple dont la main, fatale à ta couronne, Va te faire un cercueil des débris de ton trône... Écoute I... Eutends-tu bien?... c'est sa puissante
[voix
Qui demande et qui veut un maître de son choix. — Allons, résigne-toi, prince et roi de la terre... Un juif vient de briser ton trône héréditaire. (L'inquisiteur accourt , suivi de plusieurs seigneurs.)
l'inquisiteur, au roi.
Sire, aux insurgés on a livré les forts... [efforts... Don Sanche les conduit... Tout cède à leurs Il faut fuir. —En .sauvant, sire, votre personne, Peut-être sauvez-vous l'empire et la couronne.
LE ROI, hors de lui, à Diégarias.
Dut l'instant que je perds briser ma royauté, Tu me paieras ton crime et ton indignité.
(A l'un des seigneurs.) Quanta vous, vousdonDiégue, AlferezdeCastille, Arrêtez sur-le-champ ce vieillard et sa flile.
DIÉGARIAS.
Ma flUe !
LE ROI
Obéissez...
DIÉGARIAS se retourne , et aperçoit sa fille étendue
sans mouvement.
Qu'ai-je vu ? —
(S'élançant vers elle et lui mettant la main sur le
cœur, — Avec désespoir.)
Dieu puissant ! — (Se laissant tomber sur elle.) J'ai voulu me venger... j'ai tué mon enfant l
FIN DE DIÉGARIAS.
Paris. — Imprimerie de Doulb et C«, rue Coq-Héron, 3.
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ROBERT RRICË