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ACTE I, SCÈNE III. il

Que nous ont rapporté tous ces actes cruels ? Ces discours que la haine a rendus immortels? L'Angleterre gémit, l'Ecosse est épuisée. Cette lutte terrible un moment apaisée Recommence ; et sa fin, nul ne peut la prévoir : Tout en blâmant son but je ferai mon devoir. Des remparts de Stirling jusqu'au fond des Hébrides, Bientôt vont s'allumer les signaux homicides. Pour l'honneur, pour mon roi, j'ai juré de mourir : Je tiendrai mon serment quoi qu'il puisse advenir.

LORN.

Nul n'en doute, milord. Mais vraiment je m'étonne Des craintes où votre âme aujourd'hui s'abandonne ; La guerre est un pari dont mes jours sont l'enjeu, J'ai mon glaive : le reste est dans la main de Dieu.

d'argentine.

Dieu n'approuva jamais une guerre inutile.

LORN.

Nous avons triomphé.

d'argentine Ce triomphe facile, Nous le paierons un jour.

LORN.

En attendant, milord, Battons-nous vaillamment, et laissons faire au sort.

d'argentine.

La gloire de mon roi, l'honneur de ma patrie. Sont trop intéressés dans cette lutte impie, Pour laisser mon cœur froid au moment décisif- Et vous, notre allié, esprit loyal, actif...

LORN.

Ecoutez, sire comte, et connaissez mon àme : Votre intérêt tout seul n'est pas ce qui m'enflamme. Moi d'abord; vous après. L'espoir de me venger. Voilà ce qui m'a fait m'unir à l'étranger , Voilà qui vous répond de moi, de mon épée. Sans lui mon espérance aurait été trompée. Déjà Bruce est sorti vivant d'entre mes mains ; Qu'une seconde fois Dieu serve mes desseins, Que tous deux face à face il nous mette, et je jure. Qu'aux aigles l'un de nous servira de pâture.

d'argentine.

De cette haine enfin, la cause...

LORN.

Il m'a vaincu !

J'ai roulé sur la terre, à ses pieds étendu, Puis il a dédaigné de m'arracher la vie. J'ai d'un honteux pardon subi l'ignominie.

12 ROBEllT imilCE.

Sa générosité me pèse ; je le hais.

Je le hais du trépas de Comyn que j'aimais.

Il était mon parent... bien plus! mon frère d'armes.

Son lâche assassinat m'a fait verser des larmes.

Oui, j'en rougis encor, moi, soldat, j'ai pleuré-..

Le meurtrier mourra, ma haine l'a juré.

Pour effacer ma honte et pour me satisfaire ,

L'Ecosse fut livrée aux horreurs de la guerre...

Mais je me suis vengé, mon insolent vainqueur,

Déjà par sa ruine a réjoui mon cœur.

Sur les bords du Lok-tay j'ai défait son armée...

C'est là qu'il a trompé ma haine envenimée.

Que sa hache a brisé mon cimier!... Il a fui,

Laissant l'effroi, la mort, l'épouvante après lui.

Echappé par miracle au fer de la claymore.

Il franchit presque seul les sommets d'innimore.

Mes limiers l'ont chassé dans l'épaisseur du bois;

Je l'ai traqué trois jours comme un tigre aux abois,

L'acculant aux rochers dont le mont se couronne,

Je l'aperçus... trompant la mort qui l'environne,

II se dresse, il s'élance, et sa terrible main

Se creuse dans nos rangs un horrible chemin !...

En le voyant bondir sur les roches de lave.

Malgré moi j'admirais ! il est brave ! il est brave!...

Mais quelque grands que soient sa force et ses exploits,

Il mourra. Nul mortel ne m'échappa deux fois.

d'argentine.

Pour aujourd'hui, du moins, soyez tout à la joie ; Entendez-vous ces cris que l'écho nous renvoie ?

LORN.

C'e.st Ronald. A demain tes travaux importants, Son hymen nous promet quelques joyeux instants, Profitons-en ; laissons dormir notre colère.

{Entre au fond Ronald et toute sa suite- Edith rentre par le troisième plan à gauche.)

SCilNH IV.

RONALD, LORN, D'ARGENTINE, EDITH, seigneurs, montagnards, HOMMES d'armes DE RONALD, VASSAUX DE LORN, VA- LETS, BARDES, PAGES, JEUNES FILLES DE LA SUITE d'ÉDITH.

RONALD, à Lorn.

Dans les murs d'Artonish, tu m'as devancé, frère! On m'attendait... pardon, les ffots sont inconstants. Dieu seul peut commander aux caprices des vents. Grâce à lui nous avons triomphé de leur rage, Et nos vaisseaux enfin on touché le rivage.

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