‹ Magasin théâtralChapitre 782 sur 1475 · RONALD, EDITH · texte numérisé non relu

RONALD, EDITH

RONALD

Edith, c'est moi... Quoi ! vous fuyez ma vue !... Vous avez exigé tantôt cette entrevue.

Et je viens-..

EDITH

En effet, j'ai voulu vous parler...

Un doute ce matin m'était venu troublei... .le me trompais : .Te suis pleinement rassurée ; Ma démarche, milord, fut inconsidérée, .l'en ai honte... Voyez je suis calme à présent. .. Que lui dirai-jc hélas .'.-. allez, on vou? atUMvi :

Il ne faut point pour moi prolonger votre absence.

RONALD

Eh bien ! c'est donc à moi de rompre le silence. On m'a dit le sujet de vos craintes. Je sais De quels affreux soupçons votre cœur est blessé . Vous doutez de ma foi, de mes serments, madame ; Vous doutez de l'amour qui dévore mon âme... Dussiez-vous me haïr, vous allez tout savoir.-. Mon amour, mon honneur m'imposent ce devoir.

EDITH

Votre amour !...

RONALD

Ces délais qui vous ont attristée, Qui m'ont presque chassé de votre âme irritée, M'ont rendu mille fois plus malheureux que vous. Oui, moi qui n'aspirais qu'à mes voir votre époux, Moi, qui, jusqu'au milieu des sanglantes alarmes, Emportais plein d'amour l'image de vos charmes Qui ne rêvais la gloire et les nobles exploits Que pour être au retour loué par votre voix, Eh bien! j'ai reculé moi-même la journée Qui devait vous livrer toute ma destinée. Mes mains, mes propres mains ont déchiré mon cœur. J'ai foulé sous mes pieds joie, amour et bonheur; Le sort, un sort fatal! me tient, me tyrannise... Mais ce joug odieux, il faut que je le brise !... Oh ! vous ne savez pas, vous qui me condamnez, Dans quels liens, hélas ! mes vœux sont enchaînés !...

Je devine et comprends ce que vous n'osez dire ; Ces nœuds dont votre cœur subit encor l'empire.

RONALD

Edith..

EDITH

Instinct fatal, tu n'avais pas menti !

Cet effroyable coup je l'avais pressenti ! Oui, ce matin encore, agitée et tremblante, Tout en pleurs, le cœur plein d'une vague épouvante , Je disais à Beriha, qui me vantait mon sort : Cet hymen n'est pas fait-., dites, avais-je tort?

RONALD

Oui, car demain, Edith, tu seras mon épouse

EDITH

Demain !... et le passé ? mais j'en serais jalouse- Son inflexible voix crierait autour de moi : Une autre de Ronald fut aimée avant toi. Un seul regard distrait, un seul mot de contrainte.

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