‹ Magasin théâtralChapitre 786 sur 1475 · ACTE III, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE

Que son nom, son épée et son courage.

LONGUEVILLE

Et moi!...

BRUCE

Oui, toi, toi seul, ami. Penses-tu que j'oublie Avec quel (Jévoùment tu m'as donné ta vie ? N'as-tu pas tout quitté, pays, fortune, amis. Pour t'attacher à moi ?

LONGUEVILLE

Sire, j'avais promis A Wallace, au héros de l'Ecosse opprimée, A Wallace mourant, pour l'avoir trop aimée ! De veiller sur vos jours et de vous protéger, Du cœur, de l'œil, du bras au moment du danger. Ce serment solennel, je le tiendrai, j'espère. Quand nous aurons brisé le joug de l'Angleterre , Quand j'aurai vu l'instant à jamais glorieux Où vous remonterez au rang de vos aïeux. Fier de votre triomphe, heureux de votre gloire , Sûr d'avoir avec vous ma place dans l'histoire ; Plus sur quand je mourrai d'être pleuré par vous, Je me confie à Dieu, dont l'œil veille sur nous ; Qu'il me conserve à vous tant que je suis utile, Puisqu'il appelle à lui Thomas de Longueville.

BRUCE

Ta main, mon vieux soldat. S'il se lève jamais

Ce jour qui doit nous voir triompher de l'Anglais,

Ce jour où reprenant le sceptre avec l'épée,

Vainqueur, je briserai sa puissance usurpée,

Tu verras si Robert au trône remonté ,

Oubliera les amis de son adversité !

Dans les murs d'Holly-Rood, sous ses voûtes splendi.

Nous nous rappellerons les cavernes humides

Où, le fer à la main, il fallait disputer

A leur fauves gardiens le droit de s'abriter.

Quand nos éperons d'or, résonnant sur les dalles ,

Réveilleront l'écho des demeures royales.

Nous nous rappellerons les rocs duBen-Goïl,

Où chacun de nos pas éveillait un péril.

Des malheurs du passé conservant la mémoire.

Nous aimerons tous deux à raconter l'histoire.

Je dirai ta valeur et ta fidélité.

LONGUEVILLE

Moi, votre patience et votre fermeté.

BRUCE

On saura que je dois la vie à ton courage, Et que tu m'as deux fois sauvé de l'esclavage.

LONGUEVILLE

A remplir ce devoir, un serment m'obligeait.

BRUCE-

Tu pouvais l'oublier.

L0NGI3EV1LLE.

Wallace le savait !

BRUCE

Allons, je suis vaincu, sire de Longueville. Je vous demande grâce, eh bien?

ISABELLE

Je suis tranquille.

J'écoutais, j'admirais votre calme à tous deux. Mais où donc êtes-vous ? chez quel homme? en quels lieux / Oh ! qu'il eût mieux valu sur cette aride plage, Passer la nuit en butte aux fureurs de l'orage , Que venir sans défense en ce château fatal, Heurter vos ennemis de votre front royal. On vous hait, on vous cherche. Edouard d'Angleterre N'a-t-il pas mis à prix votre tête, mon frère...

LONGUEVILLE

S'ils allaient vous livrer?

BRUCE

Ami, rassure-loi.

Tu sais bien qu'aux échecs on ne prend pas le roi. D'ailleurs, dans ce château dont Ronald est le maître, Je suis en sûreté.

LONGUEVILLE

Mais Ronald est un traître.

BRUCE

Ronald est un esprit fougueux, irrésolu, 11 oublie en un jour tout ce qu'il a voulu. Le moindre mouvement fait flotter ses pensées ; Alors naissent en lui des luttes insensées. Son premier mouvement est toujours généreux ; Mais des hommes sont là, dont l'esprit dangereux Etouffe les instincts de sa noble nature. Après l'avoir séduit, ils l'ont rendu parjure. Il a q'iitté ma cause. Il en est un surtout , Dont le bras et le cœur sont capables de tout. Ronald n'est qu'un moyen dans cette main habile. Il a pétri son cœur comme une molle argile, 11 l'irrite, ou l'apaise à son gré.

LONGUEVILLE

Mais son nom?...

BRUCE

Lorn.

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