‹ Magasin théâtralChapitre 789 sur 1475 · RONALD, BRUCE, LONGUEVILLE, ISABELLE · texte numérisé non relu

RONALD, BRUCE, LONGUEVILLE, ISABELLE

RONALD

Prince, un affreux danger vous menace à cette heure, On veut vous livrer...

ISABELLE

Ciel!

BRUCE

Quoi ! dans votre demeure ?

RONALD

Votre tête est sacrée, et nul n'y touchera, Tant qu'au sein de ces murs elle s'abritera : Mais Lorn sait tout.

ISABELLE

Grand Dieu ! sauvez, sauvez mon frère !

BRUCE-

Et qui de ma présence a trahi le mystère ?

RONALD

Un seul nom prononcé par une femme en pleurs A qui Lorn demandait compte de ses douleurs, A sufB...

r>'2 UOBliRT BRUCE.

BRUCE

Je comprends.

UONALD.

Dans sa haine inûexible, Il veut rendre demain votre fuite impossible. Il me cherche : il viendra savoir la vérité ; Si c'est bien vous qu'ici le malheur a jeté; Puis lançant votre nom comme un signal de guerre, Parmi tous ces barons amis de l'Angleterre , Que l'hymen... que la fête amène... Enfin, Robert, Restez-vous ?. . . Par tez- vous ? . . .

BRUCE

Je demeure.

LONGUEVILLE

Il se perd 1

ISABELLE

Ah ! milord ! unissez votre voix à la mienne. Dites-lui qu'en ces lieux la mort l'attend, qu'il vienne! Qu'il parte 1...

RONALD

Vous restez ?

BRUCE

Oui, je reste.

RONALD

C'est bien.

Mon Dieu ! pour le sauver n'est-il aucun moyen?

RONALD

C'est moi seul désormais que ce devoir regarde : Mon glaive le défend et mon honneur le garde.

BRUCE

Ne vous disais-je pas qu'il était généreux. Qu'il défendrait son roi !

RONALD

Vous êtes malheureux, Et je vous livrerais... s'il ne faut que ma vie Pour vous sauver, parlez, je vous la sacrifie. Sans Comyn à l'autel mort sous votre poignard Nous marcherions encor sous le même étendard. Au lieu d'être proscrit vous parleriez en maître. Et bien d'autres seraient moins malheureux peut-être... Mais le destin le veut : Nous sommes ennemis. Je sauverai vos jours, pourtant; je l'ai promis, Je tiendrai mon serment, je le jure à voix haute : Vous n'êtes à mes yeux qu'un étranger, un hôte : Ma maison est à vous.

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