RONALD, BRUCE, LONGUEVILLE, ISABELLE
RONALD
Prince, un affreux danger vous menace à cette heure, On veut vous livrer...
ISABELLE
Ciel!
BRUCE
Quoi ! dans votre demeure ?
RONALD
Votre tête est sacrée, et nul n'y touchera, Tant qu'au sein de ces murs elle s'abritera : Mais Lorn sait tout.
ISABELLE
Grand Dieu ! sauvez, sauvez mon frère !
BRUCE-
Et qui de ma présence a trahi le mystère ?
RONALD
Un seul nom prononcé par une femme en pleurs A qui Lorn demandait compte de ses douleurs, A sufB...
r>'2 UOBliRT BRUCE.
BRUCE
Je comprends.
UONALD.
Dans sa haine inûexible, Il veut rendre demain votre fuite impossible. Il me cherche : il viendra savoir la vérité ; Si c'est bien vous qu'ici le malheur a jeté; Puis lançant votre nom comme un signal de guerre, Parmi tous ces barons amis de l'Angleterre , Que l'hymen... que la fête amène... Enfin, Robert, Restez-vous ?. . . Par tez- vous ? . . .
BRUCE
Je demeure.
LONGUEVILLE
Il se perd 1
ISABELLE
Ah ! milord ! unissez votre voix à la mienne. Dites-lui qu'en ces lieux la mort l'attend, qu'il vienne! Qu'il parte 1...
RONALD
Vous restez ?
BRUCE
Oui, je reste.
RONALD
C'est bien.
Mon Dieu ! pour le sauver n'est-il aucun moyen?
RONALD
C'est moi seul désormais que ce devoir regarde : Mon glaive le défend et mon honneur le garde.
BRUCE
Ne vous disais-je pas qu'il était généreux. Qu'il défendrait son roi !
RONALD
Vous êtes malheureux, Et je vous livrerais... s'il ne faut que ma vie Pour vous sauver, parlez, je vous la sacrifie. Sans Comyn à l'autel mort sous votre poignard Nous marcherions encor sous le même étendard. Au lieu d'être proscrit vous parleriez en maître. Et bien d'autres seraient moins malheureux peut-être... Mais le destin le veut : Nous sommes ennemis. Je sauverai vos jours, pourtant; je l'ai promis, Je tiendrai mon serment, je le jure à voix haute : Vous n'êtes à mes yeux qu'un étranger, un hôte : Ma maison est à vous.