ACTE III, SCÈNF III
ISABELLE-
Qne\ e>t votre dessein ?
BUUCE.
De laver mon honneur de ce nom d'assassin, Dont ceux qui m'ont trahi voilent leur perfidie.
ISABELLE
Vous exposez vos jours. .
BRUCE-
Ilssontà la patrie.
Le sort de tout un peuple en dépend. Je sens là Un héroïque espoir que rien ne brisera. Ce n'est pas Dieu qui m'a frappé de l'anathème, C'est de lui que me vient cette force suprême. Ses prêtres m'ont maudit; sur mon front couronné Ils ont lancé la foudre et lui m'a pardonné. Contre mes ennemis il saura me défendre. Les ingrats ! m'accuser !.. . Eh bien ! ils vont m'en tendre : Que le destin prononce entre nous. Je suis las, De ce nom de proscrit qui s'attache à mes pas.. . Le succès a souvent favorisé l'audace : Avec mes ennemis, Dieu me met face à face ; Je veux les ramener par un dernier efforc. Et remonter au trône ou recevoir la mort... Cette lulte fatale il faut qu'elle s'achève Avant que sur nos fronts un nouveau our se lève..- Longueville, ma sœur; venez tous deux, et toi, Qui ne veux point ici reconnaître ton roi, Ton hôte te demande un coin dans ta demeure Où son front puisse en paix se reposer une heure-
RONALD
Milord, ici... Ronald répond de votre sort-
BRUCE
Merci.
RONALD
Je reste.
LONGUEVILLE
Allez ; je veille quand il dort.