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SCÈNE IV

LES PRÉCÉDENTS, LE PRIEUR, entrant au fond, en se plaçant entre les deux partis qui vont en venir au mai7is, moines,

LE PRIEUR

Kf , Chrétiens.'...

Ne versez point le sang...

LORN.

Dieu défendra les siens!...

GRAHAM

Cet homme est condamné !...

COLONSAY.

C'est Bruce, l'homicide !..

„ , „ LE PRIEUR

Bruce!... Bruce!... c'est lui.

LORN.

Il va mourir. Son destin se décide.

Mon frère!... homme de Dieu, pitié!...

p, . , LE PRIEUR.

L est donc toi, roi déchu, par le ciel châtié' Peux-tu, justifiant ton sacrilège infâme,

48 KOBERT BRUCE.

Appeler de l'arrêt qui pèse sur ton âme?

Sais-tu quel est le sort ici-bas destiné,

A l'homme qui de Dieu se voit abandonné?...

BRUCE

Je n'entreprendrai pas, à cette heure suprême, De discuter ton droit de lancer l'anathême, Et si j'ai mérité le sort qui me poursuit. Que Dieu juge entre nous, je me confie à lui.

TOUS-

Ilbasphême!...

LE PRIEUR

Silence... écoutez tous.

BRUCE

Oui, prêtre, Oui, j'ai frappé Comyn, Comyn était un traître ! Mais sans ce crime enfin, reproché tant de fois, L'Ecosse aurait passé sous d'odieuses lois. Dieu connaît mes projets, mes vœux, mon espérance ; Il sait que j'expîrai, s'il est en ma puissance, Le meurtre sacrilège objet de ton courroux. J'en appelle à lui seul, contre Rome et vous tous, A lui qui dans les cœurs plonge un œil équitable. Vos menaces, vos cris, votre haine implacable, Rien ne m'empêchera de sauver mon pays. De lui rendre ses droits par la force envahis. Complices des bourreaux de cette noble terre, Comprenez donc enfin le but de l'Angleterre. Votre honneur, vos trésors ne lui suffiront pas, La dévastation suivra partout ses pas.

Vos forts s'écrouleront , vos plus saints privilèges Vous seront arrachés par des mains sacrilèges. Les enfants, enlevés à leurs mères en pleurs, Renîront leur pays sous les lois des vainqueurs ; Et quand vous sentirez, vous si fiers et si braves, Ployer vos fronts altiers sous le joug des esclaves, Quand l'Ecosse avilie aura perdu son nom, Quand vous n'aurez plus rien, liberté ni blason, Quand vos exploits, perdus dans ceux d'une autre race, Passeront, ne laissant ni souvenir ni trace. Vous vous rappellerez, honteux et consternés, Bruce, votre sauveur, que vous abandonnez ; Vous vous rappellerez la triste prophétie. Qui, devant vos poignards, de ma honte est sortie !■• ■ Parricides, tremblez-'... c'est une mère en deuil. C'est la patrie en pleurs qui descend au cercueil ; C'est par vous, par vos bras, qu'elle tombe frappée, Contre son cœur saignant vous tournez votre épée!... Ah! tournez là plutôt contre ses oppresseurs ;

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