ACTE IV, SCÈNE IV
Vous alliez la trahir, devenez ses vengeurs!
Rallachez la victoire à sa noble bannière;
Qu'elle flotte sur vous régénérée et fière !
Que le lion d'Ecosse, endormi si longtemps.
Epouvante l'Anglais de ses rugissements!
Marchez! c'est aux combats, guerriers, qu'est voire place !
Vous serez protégés par l'ombre de Wallace ! . . .
Secondez mes efforts, rendez-moi votre foi,
Sauvez, sauvez l'Ecosse enfin, ou tuez-moi.
LE PRIEUR
Non, tu ne mourras point!... Chrétiens, baissez vos armes!-..
Toi, dont la destinée a grandi dans les larmes;
Toi, longtemps éprouvé, toi, qui portas des fers,
Toi Christ de la patrie ! à tant de maux soufferts
Dieu prépare un triomphe, une gloire immortelle !...
Bruce, j'allais frapper ta tête criminelle
Des malédictions qu'appelait ton forfait.
J'allais livrer tes jours à qui les menaçait:
Mais Dieu ne le veut pas : dans mon âme affaiblie
Son pouvoir a soufflé l'esprit de prophétie :
Sa flamme inextinguible aninie mes accents ;
Elle éclaire à mes yeux l'abîme obscur des temps :
Toi qui trois fois défait en bataille rangée.
As vu de tes amis la phalange égorgée.
Qui dans les champs natals erras dans les déserts ,
Plus fort que la douleur, plus grand que les revers...
Je te bénis!...