‹ Magasin théâtralChapitre 809 sur 1475 · ACTE V, SCÈNK i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNK i

Quand chacun enivré d'orgueil oi de colère Appelait le carnage et respirait la guerre Vous seule vous, pourtant, que j'a^î bien fait souffri. M avez tendu la main : Laissez-moi vous bénir.

ISABELLE

Oevais-je VOUS quitter dans ces moments terribles V ous imploriez en vain ces hommes inflexibles ' ' Dieu qu aujourd'hui je sers, Edith, Dieu me disait De veiller sur vos jours, et mon cœur m'y poussait . Ne me parhez-vous pas de mes douleurs passées^ Devant ce seuil béni mon cœur les a laissées ba divine influence en mon âme a porté Avec son calme heureux, l'esprit de charité Deux seuls liens encor m'attachaient à la terre • La gloire de l'Ecosse et celle de mon frère Ainsi, nommez Ronald, parlez de lui, parlez bans crainte d'évoquer des rêves envolés. Vous hésitez?... faut-il que je vous le demande?

, . . EDITH

\t : J^J'^^g'S de honte à vous trouver si grande Votre bonté si douce et si noble à la fois. I res de dire son nom devrait glacer ma voix. Depuis le jour qui vit leurs sanglantes querelles Deux mois sont écoulés pleins d'attente mortelle.' • uans cet asile saint où j'espère avec vous, Le bruit du monde à peine arrive jusqu'à nous. ^Mais vous savez son sort, mes craintes incessantes, vue lait-il ? '

Il combat.

ISABELLE

EDITH-

v^ r, • . , ^ ^"^' ' ^es luttes sanglantes

Ise finiront donc pas?

ISABELLE

"\^ous tremblez?

EDITH

Il semble que sur moi plane quelque malheir.' ^^"'' De cette guerre, helas ! qui peut prévoir l'issue '> Mon ame dans ses vœux fut tant de fois déçue .1 ai vu fuir tant de fois ce que j'ai cru certain ' Que j ai peur. '

ISABELLE

u M . L^S^'g"^'"'' tient nos jours dans sa main iîonald sert son pays ; cette sainte querelle Protégera tous ceux qui combattent pour elle.

EDITH

Que d'âmes vers les deux doivent prendre l'essor, Avant sa fin, hélas 1 bien éloignée encor!

ISABELLE

Elle est venue.

EDITH

O ciel '• que dites-vous !

ISABELLE

Mon frère.

Aux champs de Bannok-Burn, va frapper l'Angleterre.

EDITH

Quand donc?

Aujourd'hui même.

EDITH-

Aujourd'hui !

ISABELLE

•l'ai reçu L'avis du coup hardi que son cœur a conçu. Deux peuples ennemis vont, dans un choc terrible, Achever cette lutte épouvantable, horrible! Il faut qu'un des deux tombe ; et nous saurons ce soir Si l'Ecosse est vaincue ou libre.

EDITH

Oh!...

ISABELLE-

Bon espoir!

J'en crois le prêtre saint et sa voix inspirée, Sa voix qui nous prédit l'Ecosse délivrée.

EDITH

Oui, mais vous oubliez que, dans ses saints transports,

11 a vu des débris, des mourants et des morts,

Et parmi ceux que va frapper le sort des armes,

Combien mériteront nos regrets et nos larmes!

Ne blâmez point ma crainte, elle est trop juste, hélas !.

Vous connaissez mon frère, il ne pardonne pas!

Blessé dans son orgueil, trompé dans sa vengeance,

Forcé d'abandonner ses projets de puissance.

Vous avez entendu le serment qu'il a fait?

La menace avec lui n'est jamais sans effet.

Pour assouvir sa haine et laver son outrage.

Il poursuivra Ronald.. .Vous savez leur courage.

Dans des rangs opposés ils combattent tous deux.

Peut-être qu'à l'instant où je parle, l'un d'eux

A vu couler son sang sous le tranchant du glaive.

Un doute dévorant dans mon esprit s'élève...

0 mon Dieu ! que j'envie et voudrais imiter

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