‹ Magasin théâtralChapitre 81 sur 1475 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

DUVERNOI PÈRE , DUBREUIL.

DUBREUIL

Eh ! viens donc, mon ami. J'ai la preuve certaine Des dangers de l'hymen que projette ton fils. Mais écoute-moi donc : tu seras bien surpris.

DUVERNOI PÈRE.

J'écoute.

DUBREUIL

Tu le sais : pour juger leur conduite , J'avais fait demander de leur rendre visite ; Et , bien loin de répondre à mon empressement , On m'avait refusé fort incivilement.

Ce n'était qu'un détour pour exciter mon zèle ; Et je viens de savoir d'un messager fidèle Qu'à mon empressement on cède sans regret, Et que l'on me prépare un rendez-vous secret- L'aventure est piquante, et j'aime ce mystère.

DUVERNOI PÈRE.

Ce trait-là me confond.

DUBREUIL

Je le trouve ordinaire.

DUVERNOI PÈRE.

Quel motif les retient à Paris ?

DUBREUIL

Le plaisir.

D'un ridicule amour ton fils doit se guérir. La mère dans ses moeurs a peu de retenue ; La fille me paraît une fausse ingénue ; Et le père, entre nous, n'est qu'un sot important: (En riant. ) C'est un de ces maris... comme l'on en voit tant.

DUVERNOI PÈRE.

Eh! que fait le mari d'une telle coquette?

DUBREUIL

11 a dans sa province une forte recette.

C'est là qu'il vit en paix, et se croit trop heureux

D'entretenir ici ce luxe scandaleux.

Il adore sa femme et veut qu'on la renomme.

Assis dans ses bureaux, je vois d'ici mon homme.

Il compte son argent, se plaît à l'entasser;

Et madame à Paris s'amuse à dépenser.

Une telle famille à mon fils a su plaire !

DUBREUIL

Que j'aurai de plaisir à railler un confrère !

DUVERNOI PÈRE.

C'en est assez. Mon fils en ce heu va venir, E; de ce beau pays je le ferai partir.

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