ACTE V, SCExNt
La force et la valeur contre lui tout est vain ! Debout sur les arçons, comme un guerrier d'airain Il frappait, il frappait ! et sa hache terrible Tombait, se relevait et tombait impassible ! Mais lorsque saisissant le pannonceau royal Il s'élança criant : Voici l'instant fatal Que Dieu nous a promis 1 en avant, brave Ecosse !. . La bataille devint une mêlée atroce.
On ne combattait plus, on tuait; nous volions Sur la plaine emportés comme des tourbillons ; Le comte de Douglas, l'impatient Névile Dont la bouillante ardeur s'indignait inutile Attendait ce signal... Toutà coup, on les vit Descendre la hauteur, frapper , et tout fut dit 1 Leur valeur d'Edouard acheva la défaite Aux mains de son rival il laisse sa conquête ; Ce pays, sous son joug si longtemps abattu. Qu'il aborda vainqueur et qu'il quitte vaincu ! Ce jour sauve TÉcosse et termine la guerre. Bruce à conquis le trône : il triomphe !
EDITH
Et mon frère ?
Il vit.
Ah! j'avais craint..
EDITH-
RONALD
Sa formidable \ oix Au plus fort du combat m'a défié trois fois; Trois fois sur mon refus il m'a traité de lâche ... Mais enfin j'ai rempli mon impassible tâche ! Et j'ai voulu sauver même aux prix de l'honneur, Une larme à tes yeux, un regret à ton cœur.
EDITH
Soyez béni, Ronald, vous me rendez la vie ! Hélas ! je craignais tant cette querelle impie ! Mais votre honneur est pur, et ce noble refus, Loin de vous abaisser vous élève encore plus.
RONALD-
Et cependant, il est un homme qui peut dire Qu'il m'a traité de lâche, et cet homme respire !
Mais cet homme est mon frère...
RONALD
Et, qu'importe! il Liira Que j'ai fui son épée !...
EDITH
Et qui donc le croirn ?
A ces bruits imposteurs que sèmera l'envie. Le fils de Somerled opposera sa vie Et si d'autres osaient vous le dire...
RONALD, Ja main sur son épée.
Oh ! ceux-là J'ai pour les démentir un moyen : le voilà !
EDITH
Vous n'en viendrez jamais à ce moyen extrême.
Dieu qui vous inspira ce dévoûment suprême
Vous garde un autre prix.. . ce prix est dans mon cœur. ..
Je vais prier pour vous..-
ISABELLE
Attendez-moi, ma sœur...
Sans doute vous savez que mon glorieux frère M'a promis sa venue en ce saint monastère '?
RONALD
Il est auprès de vous, il va venir.
Je veux Qu'il exauce aujourd'hui le dernier de mes vœux... Soyez béni, milord, pour vos grandes nouvelles, Et pour vos actions encor plus grandes qu'elles !
RONALD
Je les connais ces vœux par votre âme formés :
Vous voulez rendre heureux tous ceux que vous aimez !
Votre frère a déjà reçu cette demande..
Et vous, madame, et vous, si le roi le commande?
EDITH
Prince, un pouvoir plus siàr vous répond de mon cœur.
RONALD-
Et, lequel?
lÉDITH.
Mon amour.
RONALD
Edith !
EDITH-
Venez, ma sœur.
[Elles montent toutes les deuxles degrés qui conduisent au Sanctuaire et disparaissent. )