‹ Magasin théâtralChapitre 821 sur 1475 · MATHIEU, COLOMBET, M-"« D'AIGUE- PERSE, URSULE · texte numérisé non relu

MATHIEU, COLOMBET, M-"« D'AIGUE- PERSE, URSULE

Au lev«r du rideau, M°>« d'Aigueperse et Ursule tra- Yaillent près d'une table sur laquelle Colombet écrit; Mathieu, étalé dans un grand fauteuil, tient un papier et lit.

MATHIEU, dictant. « C'est un appel fait » aux âmes sensibles... de pieuses dames,

» qui consacrent leurs jours à la bienfai- » sance, feront une quête à domicile.

URSULE. Sans doute, et dès ce soir.. . avant dîner... nous irons ensemble, ma mère.

M""" D'AIGUEPERSE, Silcuce douc, ma fille! laissez dicter.

MATHIEU , continuant. » Sans distinction » d'opinions politiques. . . Voici le nom de ces » personnes, qui se recommandent autant par » leur vertu oue oar le ïèle dont elles ont

donné tant de preuves... Mesdames : Amék lie d'Aigueporse...

MADAMii d'aigueperse. Ah! VOUS me placez en tête de la liste... respectable ami!...

URSULE. Silence donc, maman!.... Ensuite?...

MATHIEU. » Ursule Colombet... »

URSULE. Ah ! vous ne m'avez pas oubliée.

M"'" d'aigueperse. C'est bien!.... non que je tienne à ces petites préférences qui flattent la vanité... Je n'en ai pas... vous jvez entendu, mon gendre... placez-moi en ïête de la liste, et... [Elle s'aperçoit que Colombet dort et s'est laissé tomber sur sa plume.) Oh! ciel! mais, Dieu me pardonne! il n'écrit pas! il dort!

URSULE. Mon mari!

MATHIEU, se levant. Monsieur Colombet.

{Allant d lui.) Eh bien!... eh bien!...

COLOMBET, se réveillant. Hein? voilai...

{Comyne rappelant la dernière phrase.) « L'ancienne association a perdu ses ressour- » ces, mais elle espère... »

M™" d'aigueperse. C'est là que vous en êtes!... Mais il y a une heure qu'on vous a dicté cela !

COLOMBET. Ah 1 bah !

URSULE. En vérité , mon ami , vous êtes d'une étourderie I

On se lève*.

COLOMBET. Ne me gronde pas , ma petite femme !

M"* d'aigueperse. Mon gendre, c'est manquer de respect à monsieur Mathieu, cet ami si dévoué, qui a droit à tous nos égards !

MATHIEU. Madame!

M"'* d'aigueperse. a toute notre reconnaissance.

MATHIEU. Madame!

colombet. Monsieur Mathieu, je sais trop * ce que je vous dois... Pardon... mais j'ai gagné froid ce matin... à Saint-Roch, où j'ai conduit ces dames...

M"' d'aigueperse. Vous vous en plaignez, mon gendre?

COLOMBET. .Moi? par exemple I mais vous concevez... la circulaire de monsieur Mathieu est un peu longue...

URSULE. Un peu longue!

COLOMBET. Par les observations que l'on a faites. . . voilà tout. Du reste, elle est trèsédifiante.

MATHIEU. Vous trouvez ! J'ai fait de mon mieux... inspiré par le zèle de ces dames... il faut réchauffer Ja charité publique en faveur de notre pieuse association. Si vous ^viez quelques changenK-nts à demander...

M"* D'AIGUEPERSE. Mais non, mais non, tout cela est parfait.

• M»U»i«u, M"» <i'Aiguep«rM, Colombtt, Uwul».

COLOMBET. C'est un peu long à copier...

URSULE. Il me semble, mon ami, que vous n'avez rien de mieux à faire.

M"* d'aigueperse. Vous n'avez pas de place.

URSULE. Pas d'autres devoirs à remplir.

COLOMBET. C'est juste.

MATHIEU. Ah I vous êtes plus heureux que moi... condamné à être employé d'un gouvernement que je n'aime pas, et à toucher 15,000 francs d'appointements d'un ministre que je déteste.

M™* d'aigueperse. Je vous plains I

URSULE. Quel sacrifice!

COLOMBET. 15,000 francs! Quel dévouement ! mais je voulais dire que je suis un peu pressé. Est-ce que je ne vais pas à notre campagne?

URSULE. Oh! non... pas aujourd'hui!

M""* d'aigueperse. Et vous savez qu'avant midi vous devez vous trouver à la paroisse ?

COLOMBET. Encore!

MATHIEU. Pour l'assemblée de la fabrique... mon cher enfant, nous espérons vous voir élever bientôt, aujourd'hui peut-être, à une dignité qui est bien due aux vertus de votre famille!

COLOMBET. De ma famille! cela me flatte infiniment. {A part.) J'aimerais mieux aller à la campagne.

URSULE. Ah ! le cœur me bati vous seriez le collègue de monsieur Mathieu!

M*"* d'aigueperse. J'en suis toute émue. Et vous dites aujourd'hui?

MATHIEU. Mais je l'espère. Ce sera un petit à-compte sur le présent de noces que je vous dois pour le mai iago de mon neveu avec votre sœur, mon cher Colombet !

M"" d'aigueperse. Mariage que je hâte de tous mes vœux !

URSULE. C'est un si bon jeune homme que monsieur votre neveu ! si bien élevé !

MATHIEU. Elevé selon nos principes... les bons.

M""* d'aigueperse. Mon Dieu, mon gendre, vous écoulez tout cela avec un flegme 1 On dirait que les bontés de monsieur Mathieu ne vous touchent pas?

URSULE. Que vous n'êtes pas sensible...

COLOMBET. Mais si fait... je suis si heureux! ce bon monsieur Mathieu! {A part.) J'aimerais mieux aller à la campagne!

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